Pour beaucoup, ça semblait évident, après la sortie du DVD et du coffret, que Loudblast allait remonter sur scène. Mais en réalité, rien n'était planifié, c'est ça ?
Stéphane : Rien n'était effectivement prévu. Les retours ont été super bons sur le DVD. C'est même bossé à l'export aujourd'hui. Vu que le nom du groupe a resurgi dans les médias, on nous a proposé de faire des dates. Seulement, il a fallu reconstituer un nouveau line-up. Alex (le guitariste lead) ne voulait pas continuer l'aventure avec nous, préférant se focaliser sur son autre groupe, Agressor. Et on ne voulait pas rejouer avec François, le bassiste. Un vieux couple de 25 ans ne se reconstruit pas sans heurts.
Hervé : On n'avait pas envie de se lancer dans les auditions genre "Loudblast cherche bassiste et guitariste". A la place, on nous fait rencontrer des personnes, des amis nous ont conseiller des proches, des relations. On a fait quelques essais et on est tombé sur nos deux perles assez rapidement. Le guitariste, Drakhian, fut d'ailleurs le premier à auditionner pour le poste.
Stéphane : Bien qu'étant tous de supers guitaristes, ceux qui sont passé après lui n'avaient pas sa trempe.
Hervé : La première fois qu'on a joué avec lui, ce n'était pas une audition, c'était comme une répétition ! C'était d'un naturel incroyable. On n'en revenait pas. Même nous deux, qui n'avions pas jouer ensemble depuis longtemps, on était dedans tout de suite.
Stéphane : Il faut dire que Drakhian connaissait déjà plus de dix morceaux quand il est venu. Pour le bassiste, Alex Lenormand, on l'a d'abord auditionné en tant que guitariste. Il n'a pas été pris, du coup il a retenté sa chance en tant que bassiste. Et même s'il est passé après deux super bassistes, c'est avec lui qu'on s'est le mieux entendu humainement. C'est cet aspect qui l'a emporté. Le facteur humain est important pour nous. On sort d'une période où tout n'a pas été très facile au sein du groupe. Un groupe, c'est du sérieux, c'est notre métier, on est là pour divertir mais il faut que ce soit aussi divertissant pour nous. Une répète, un concert, tu dois être content d'y aller, tu dois apprécier tes collègues musiciens comme tes potes…
Est-ce difficile de reprendre un répertoire avec de nouvelles personnes ?
Hervé : Non, pas du tout. On retrouvé une alchimie. On a eu du bol de tomber sur ces deux personnes.
Stéphane : Nous deux, on n'avait pas pris autant de plaisir à jouer nos propres morceaux depuis longtemps. C'est fou. Des morceaux qu'on a composé ensemble, qu'on a joué des centaines de fois, peut-être même plus, on les retrouve comme au premier jour. L'excitation est incroyable.
Qu'attendre des prochains concert de Loudblast ?
Stéphane : Ce sera comme un best of. Les albums phares de Loudblast seront forcément présents, il y a des titres que l'on ne peut omettre de jouer. Mais on va aussi aller gratter plus loin. On a sondé les fans en demandant leur playlist idéale. Le résultat fût surprenant. Il y a beaucoup d'incontournables, forcément, mais aussi des titres plus rares, voire même certains que l'on a jamais joué live.
Hervé : Ça nous a permis de rédécouvrir certains titres. Les titres de l'album Disincarnate, par exemple, on n'en jouait plus en 2004/2005. Du coup, on en bosse certains pour les prochains concerts. Même sur Sublime Dementia, il y a des morceaux qu'on n'a jamais joué en live, ce qui, avec le recul, me paraît incroyable !
Stéphane : Avec le temps, tu n'as plus le même rapport à tes titres. Sans être des fonctionnaires de la musique (fort heureusement), un groupe en arrive vite à vivre un train-train quotidien… le côté tournée / album / tournée / album te force à aller toujours de l'avant, et du coup, tu perds de vue tes anciens morceaux, les disques passés.
Hervé : Sur certaines tournées, on avait décidé de nous-mêmes de ne pas jouer tel ou tel titre… sans vraiment savoir pourquoi. Et puis, tu réccoutes les disques, et tu découvres des titres que tu trouves vraiment bien, le public les aiment, mais tu ne les joues pas… Etrange, hein ?
Stéphane : On s'est même rendu compte qu'on avait parfois dénaturer certains titres. C'est le cas de "Cross The Treshold". On s'est aperçu que sur scène, on en jouait une version tronquée, sans se rappeler pourquoi on avait fait ça sur le moment. Donc, pour les nouveaux concerts, on va rejouer "Cross The Treshold" dans sa version "originale", celle qui est sur le disque.
Bref, avec ses vieux morceaux, on va découvrir un nouveau Loudblast ?
Hervé : Il y a encore quelques années, on aurait mis un véto complet sur certains titres. Aujourd'hui, on se dit "pourquoi pas ?" Pourquoi ne pas essayer tel ou tel titre sur scène ? Redécouvrons ces morceaux, on verra bien. Et puis, nos deux nouveaux acolytes nous poussent un peu à faire se travail. Le bassiste, qui est fan de Loudblast, nous propose souvent des titres à jouer. Il a un regard différent sur nos morceaux. Il a un recul que nous n'avons pas et qui est très intéressant.
Stéphane : Même si tu te lasses de certains morceaux, tu ne peux pas ne pas les jouer ! Je pense que Slayer doit en avoir marre de jouer "Rainning Blood". Metallica doit sans doute en avoir marre de jouer "Search And Destroy". Mais ils se doivent de le faire. S'ils sont arrivés là où ils sont, c'est grâce à ces titres. A notre niveau, qui est loin d'être celui de Slayer et Metallica, on a aussi des morceaux incontournables que le notre public attend. Et la prochaine tournée aura pour but de lui donner ce qu'il attend. On part donc sur une base de 15 titres indispensables du répertoire de Loudblast, en y ajoutant des titres qu'on n'a pas joué souvent… On n'hésitera pas à remonter jusqu'au premier album, qui date de 1989 quand même. Avec l'idée d'y trouver un morceau et de le rejouer, notre vécu et notre expérience d'aujourd'hui en plus… Je pense que ça peut être intéressant. Au final, on devrait arriver à 25 titres. Et de changer de setlist régulièrement. On a trop fait de concerts identiques… Avec ces nouveaux concerts, il est aussi question de se faire plaisir.
Etes-vous conscient que ces concerts vont avoir un côté "événementiel"… Beaucoup pense que Loudblast se reforme.
Stéphane : Ce qui n'est pas le cas. Le dernier concert de Loudblast date de décembre 2005. C'était à La Maroquinerie. Depuis 2004, on n'a rien fait. Mais on n'a jamais splitté. On n'était juste pas très actif (rires).
Hervé : Je préfère parler de retour. Retour, c'est que tu as dit "au revoir" mais pas "adieu" ! En 1999, on a splitté, car dans notre esprit, c'était défintif, on est passé à autre chose.
Stéphane : Aujourd'hui, ce qui est différent par rapport à notre reformation de 2004, c'est que ça n'a pas été incité par des dates de concerts. Il y a eu le DVD, les rééditions… des projets qui trainaient depuis longtemps dans les tiroirs. En aucun cas, il était question qu'on reparte en tournée. Et puis, notre tourneur nous a dit, "bon les gars, on fait quoi, là ? J'ai des propostions". Même après les interviews promo du DVD, on nous a demandé si on allait rejouer, mais on ne pouvait rien répondre. On ne savait même pas si les deux autres membres de Loudblast nous suivraient. On n'avait pas joué depuis quatre ans.
Hervé : La première fois que Loudblast a rejoué depuis 2005, ce fut pour les auditions des guitaristes en 2009.
Vous avez peur d'un fossé générationel avec le public ?
Stéphane : Pas du tout. Tout dépend comment Loudblast est proposé et présenté. Metallica a commencé avant nous, et des gamins continuent de grossir les rangs de leur public. Nous n'avons pas la même notorité, mais en France, on représente quelque chose : un nom, une notoriété, un patrimoine, une légitimité…
Aujourd'hui, le metal étant super compartimenté : où se situe Loudblast : death, thrash, extrême ?
Hervé : Je ne sais pas.
Stéphane : On est ni plus ni moins death metal que Gojira ! On est juste un groupe de metal. On est death/thrash dans l'esprit parce que ce sont des genres qu'on a intégré dès le début, on a découvert ces styles à leur apparition, on a digéré ces styles à mesure des disques, de nos expériences, de nos rencontres. Ils font partout de nous. Ils sont dans nos gènes de musiciens. On ne se voit pas faire autre chose. Enfin, disons, qu'on sait faire autre chose, mais pas lorsque nous sommes ensemble. Loudblast, c'est notre excroissance. On est des passionnés de metal, avant même d'être des musiciens de metal. Je crois que c'est peut-être ce qui fait la différence. C'est aussi pourquoi on possède notre propre son, notre identité.
Alors, ces dates, ça sera quand ?
Hervé : Autour d'avril et mai 2010. Un peu en juin aussi. Pour l'instant (décembre 2009), il y a huit dates confirmées, pas mal de demandes et d'options. On aimerait en faire une quinzaine. Et puis d'autres dates à partir de septembre. On pense aussi faire des dates à l'étranger : Allemagne, Tchéquie, etc… On a déjà des propositions. La première date est programmée lors du festival des Paradis Artificiels le 14 avril 2010 au Splendid de Lille-Fives.
Stéphane : En Allemagne, Loudblast a toujours bien fonctionné. Avec l'album "Disincarnate", on a fait beaucoup de dates. Parfois plus en Allemagne qu'en France d'ailleurs. Même en terme de ventes de disques, lorqu'on vendait 6000 exemplaires en France, on en vendait 10000 en Allemagne. En fait, il a fallu qu'on tourne et qu'on vende beaucoup à l'étranger pour que ça décolle en France.
Bon, je sais ce que vous allez répondre, mais je suis obligé de vous demander : vous pensez à un nouvel album ?
Stéphane : Ah ah ! Y'a rien de prévu. On remonte sur scène d'abord. Et c'est pas un coup de l'eau. On a de super gars dans le groupe. On vit un super moment avec eux. On va faire ces dates. Point. C'est prématuré de dire qu'on fera un disque. C'est sûr que si demain on proposait à nos deux jeunes talents de faire un disque, ils diraient "oui" tout de suite. Mais rien n'est prévu. Vivons d'abord l'instant présent.
Hervé : Un album, c'est une partie de ta vie. Il faut avoir des choses à dire. Il faut avoir faim pour faire un disque. Pour l'instant, moi, j'ai envie de rejouer les morceaux de Loudblast avec ce nouveau line-up, j'ai envie d'être sur scène, de jouer. Je suis prêt, remonté à bloc et super excité.
Stéphane : Ça fait au moins 10 ans que je n'ai pas ressenti cette excitation, ce plaisir de jouer. J'ai envie de savourer ce moment. Quant à ce qu'entrainera les futurs concerts, on verra le moment venu.
www.myspace.com/loudblast (en construction)
(en attendant, il y a celui-ci) www.myspace.com/loudblastfan








