Au début des 80's, le punk rock est partout sur le territoire. La production de disques s'enflamme, quelques labels voient le jour (Chaos Productions, Spliff Records, GMG, Gougnaf, Rock Radical Records qui deviendra Bondage, Closer) et les fanzines se développent aux quatre coins de l'Hexagone, ce qui va permettre de colporter la parole de Lucrate Milk, OTH, Bérurier Noir, Ludwig Von 88, Garçons Bouchers, La Souris Déglinguée, Parabellum, Komintern Sect, The Brigades, Oberkampf, Les Shériff, etc… Et si les rangs du punk français se font plus denses, les styles se font eux aussi plus variés : garage (Warum Joe, Les Thugs), oi! (RAS, Camera Silens), punk-reggae (Nuclear Device), ska-punk (Les Frelons), anarchopunk (Kochise, Laid Thenardier), psycho (Happy Drivers, Wampas), hardcore (Flitox, Heimat Los), etc… Comme partout, le punk rock français cesse d'être un stéréotype pour devenir un style musical, un état d'esprit et une culture. Certes, cette diversité musicale aura tôt fait de diviser la scène punk, qui connaîtra des hauts et des bas en terme de créativité et de popularité, mais c'était sans doute le prix à payer pour qu'aujourd'hui, en 2010, on compte encore des groupes comme Tagada Jones, Guérilla Poubelle, Charlie Fiasco, Dolorès Riposte, Justin(e), Sons Of Buddha, Dirty Fonzy, P.O.Box ou Nine Eleven…
Nous avons choisi 16 albums qui nous paraissent essentiels dans l'histoire de la production punk rock hexagonale, 16 disques — en général tous disponibles aujourd'hui grâce à des rééditions CD — montrant qu'entre le "Panik" (1977) de Metal Urbain et le "Demain Il Pleut" (2005) de Guérilla Poubelle, il n'y a guère de différences entre les générations, chacune voulant à peu près la même chose : s'exprimer en espérant faire changer les mœurs de ses semblables.
Dossier concocté par Stef Chanmar, KK, Rouff Lakett et Frank Frejnik
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Starshooter "Starshooter" (1978)
Formé à Lyon en 1976, Starshooter est rapidement repéré et signé par EMI/Pathé qui fait paraître trois 45 tours entre 1977 et 1978. C’est sur ces premiers enregistrements que l’on découvre le retentissant "Get Baque", pastiche irrévérencieux du " Get Back" des Beatles qui sera retiré de la vente une semaine après sa sortie (ce qui fera beaucoup pour la popularité du groupe), ainsi que "Betsy Party" qui se classe à la surprise générale, en tête des charts d’Europe 1 ! On retrouve évidemment ce titre imparable sur ce premier album fort bien accueilli dès sa sortie, et qui grâce à son punk rock énergique ("Quelle Crise, Baby") et aux textes plein d’humour et d’ironie du chanteur Kent ("Accident", "En Chantier"), finit d'imposer Starshooter comme une des valeurs montantes de la scène rock hexagonale aux côté de Téléphone et de Trust. A noter également la présence d’une version keupon et bordélique du "Poinçonneur des Lilas" de Gainsbourg. Finalement, après trois autres albums aux accents plus pop/new wave qui déstabilisent leur public de base, Starshooter splitte en 1982. Kent entame alors une carrière solo avec un certain succès, mais cette fois-ci dans un registre plus proche de la chanson française de qualité. — Stef Chanmar

La Souris Déglinguée "La Souris Déglinguée" (1981)
Oubliez tout ce que vous avez entendu sur La Souris. Ce n'est pas un groupe de oi!, c'est un groupe de rock. Sans doute n'était-il pas, du moins au moment de l'enregistrement de ce premier album, assez bon techniquement pour jouer du punk rock comme ses modèles anglais. Il se contentera donc d'interpréter du rock'n'roll d'antan. En version sauvage. En mode urbain. En revanche, ce qui en fait un groupe résolument punk, c'est qu'il a choisi de conter sa vie et celle de ses potes, les mauvais garçons, les paumés, les écorchés de la vie, les banlieusards… Tout le monde se reconnaîtra dans les vers chocs (à l'inverse d'être chics) de Taï Luc, ses refrains rassembleurs et ses rengaines de rue. Les morceaux de ce premier album sont des cris de ralliement ("Rockers", "Salut les Copains"), des hymnes à l'amitié ("Week End Sauvage", "Les Jeunes Cons", "Jeunes Seigneurs"), des hits de rue ("Rien n'a Encore Changé") qui, s'ils ont été écrits à l'aube des 80's, sont devenus intemporels de par leur teneur sincère et fédératrice. Et si pour les Franciliens, LSD a été une bande son de leur folle jeunesse, pour les provinciaux de tout poil, le groupe aura été une voix à laquelle se raccrocher ! — Frank Frejnik

Metal Urbain "Les Hommes Morts Sont Dangereux" (1981)
Historiquement, Metal Urbain fait partie des premiers combos punk en France (premiers concerts en 1976). Quand je dis "punk", c'est qu'il est réellement dans l'esprit de ce qui se passait à cette époque en Angleterre (un son nouveau, une réaction) et non pas une réponse française orchestrée par un label ou une poussée fiévreuse de la scène rock'n'roll déjà existence. De la même période et de la même trempe, on peut aussi citer les Olivensteins (Rouen), Strychnine et Stalag (Bordeaux), Guilty Razors (Paris), mais c'est pourtant Metal U qui tient la haute marche. Pour plusieurs raisons. 1/ le groupe parisien apporte un nouveau son, original, novateur d'une violence sidérante malgré sa simplicité ("Panik, "50/50") ; 2/ ses textes sont accrocheurs ("Pop Poubelle", "Paris Maquis", "Crève Salope"), provocants et agressifs ; 3/ il sera le premier à recevoir la reconnaissance des Anglais en signant chez Rough Trade, label dont il sera la première référence. Chronologiquement donc, Metal Urbain aurait du se trouver en première place dans ce dossier. Hélas, il n'a jamais sorti d'album durant son "âge d'or", juste cette compilation en fin de carrière, compilation rééditée sous le nom Chef d'Oeuvre il y a quelques années. Pour peu que l'histoire du punk français vous intéresse, ce CD est utile et vital, obligatoire et primordial. — Frank Frejnik

Bérurier Noir "Macadam Massacre" (1983)
Difficile de choisir un album résumant efficacement Bérurier Noir, car il existe deux ères bien distinctes dans le parcours du groupe : ses débuts en duo, où le groupe pratique une musique minimalisme d'un nihilisme menaçant, et sa période "troupeau d'rock", renforcé par les anciens Lucrate Milk, durant laquelle sa musique est devenu un "joyeux merdier", plus coloré et plus engagé, aussi spectaculaire que radicale. Bien que cette dernière soit celle qui a permis aux Bérus d'être ce qu'ils sont devenus (le groupe punk le plus populaire qui ait jamais existé en France), nous avons pourtant choisi un disque de sa période "duo". Parce qu'avec le recul, c'est celle qui est la plus symbolique, celle qui résume le mieux ce qu'étaient intrinsèquement les Bérus (la relation Loran et François dans toutes leurs différences et contrastes). Macadam Massacre est un disque incroyablement noir (forcément), douloureux, dangereux et (déjà) vindicatif. C'est un disque désespéré, extrême, excessif, d'où exulte pourtant une poésie belle et rancunière. Des titres comme "Manifeste", "Frères D'Armes", "La Nuit Noire" ou "Chromosone Y" vous irisent le poil comme ils font monter en vous une sorte d'énergie du désespoir, une force qui vous somme de réagir, de vous réveiller et de vous battre. "Tant qu'il y a du noir, il y a de l'espoir", qu'ils disaient ! Macadam Massacre a été réédité plusieurs fois, la plus récente (FZM) bénéficie d'un nouveau mastering et du maxi Nada en bonus. — Frank Frejnik

Oberkampf "P.L.C. (1983)
Comme bon nombre des groupes punk français des 80's, Oberkampf a d'abord macéré dans son jus pendant des années. A cette époque, on ne sortait pas aussi facilement de son local de répétition, on n'enregistrait pas aussi naturellement qu'aujourd'hui. Tout ça pour dire que si le groupe parisien sort son premier album en 1983, il répète depuis 79 et a déjà sorti deux maxis qui feront parler d'eux ("Couleurs Sur Paris" et "Marseillaise"). Tout ça pour dire aussi que P.L.C. n'a rien d'un coup d'essai, il est soigné, singulier et original. Oberkampf a eu le temps de trouver son style. Son punk rock possède une tension qui n'existe nulle part ailleurs dans la scène française d'alors. Ce punk rock, qui doit autant à PIL qu'au Gun Club et à Dead Kennedys, s'approche souvent, dans le son et l'esprit, de la new wave naissante. Ajoutez à la noirceur de la musique la voix de Joe Hell, profonde et majestueuse, qui accentue l'aspect sombre et désespéré des textes ("Pardonnez Moi", "Linda"), vous obtiendrez un disque presqu'autant nerveux que désespéré. Oberkampf se séparera deux ans plus tard, non s'en avoir enregistré un autre excellent album, Cris Sans Thèmes en 1984. Un double CD, Garage Sessions #5 (Garage Studio) les rassemble, avec des bonus enregistrés entre 79 et 83. — Frank Frejnik

OTH "Réussite" (1984)
"Nous n’appartenons à aucune secte, nous sommes des insectes nuisibles !", c’est par cette phrase où le groupe annonce la couleur que démarre le premier album d’OTH. Attention les mecs, garez vos miches, car va durer pendant tout le skeud, douze titres sales, brutes, cyniques, j’men foutistes, anars, incendiaires, dérangeants pour une certaine popul’ass. Un putain d’album punk. Punk dans l’énergie, dans les textes, mais musicalement (ce qui les a rendu si différents), c'est le mélange de rock('n’roll), de hard et de punk qui faisait de ce groupe un cas unique dans l’histoire du rock français. Douze titres sous tension avec deux gratteux d’exception, une rythmique bass/batt qui pilonne, et Spirou au chant qui s’en donne à cœur joie : "Euthanasie pour les Rockers", "Requiem Pour un Démon", "La France Dort", "La Chair Humaine ne Vaut Pas Cher", "Le Sexe Prime", "Interdit aux Chiens", "Un Seul Problème", "On Est tous Des Acculés", "Les Clowns Electriques" ! Un des plus grands groupes de rock qui a disjoncter le paysage alternatif dans ce milieu des années 80. — Rouf Lakett

Ludwig Von 88 "Houlala" (1986)
"Houla houla houlala, houla houla houlala, houla houla houlala, houlala, j’ai mal !" Mars 1986, premier album des Ludwig Von 88 : une pochette punky pinky et 13 titres qui mitraillent l'actu, les faits divers, la télé, la radio et les politicards, entrecoupés de montages sonores subtils et autres petits sketchs, le tout sur fond de boite à rythmes délirante, guitare saturée et basse galopante. On démarre avec l'hymne à phacochères par excellence, le cultissime-néo-dada- minimaliste "Houlala", pour conclure avec le cantique pour punks émèchés "Bières et Punks". “Pololop”, "Assez", "HLM", "Bilbao"… un enchainement de tubes fulgurants bourrés d’humour, d’auto-dérision et de 36 ème degré qui nous racontent la galère des iroquois aux cheveux verts dans les banlieues des années 80 entre beaufs et CRS. Sans aucun doute, le groupe le plus drôle de la vague alternatouf de la fin du 20 siècle ! — KK

Parabellum "Gratuit : 2 morceaux en moins !" (1986)
Paru chez Gougnaf Mouvement, 2 ans après la création du groupe, ce 1er album qui ne contient en fait que 8 titres, ressemble à un best of ! On y trouve en effet un bon nombre des futurs standards du groupe: "La Bombe et moi", "Papa", et les relectures keupon d’ "Amsterdan" de Brel et du traditionnel "Cayenne", comme autant d’hymnes à l’insoumission et à la rébellion. Sur un punk rock ‘n’ roll qui doit autant aux Sex Pistols qu’à Chuck Berry, Schultz éructe les textes cyniques et teinté d’humour noir du parolier Géant Vert, et dépeint une réalité sociale morose ("Berceau Neo Caveau") et une situation internationale où règne encore la guerre froide ("Stalag 17") et l’impérialisme américain. Grâce à la force des mélodies, à un sens du refrain fédérateur rarement atteint en France et à des prestations inoubliables, Parabellum marqua profondément les esprits d’une grande partie de la jeunesse alternative de la fin des 80's. Aux dernières nouvelles la bande de Schultz et Sven arpente toujours la route pour semer la bonne parole du rock ‘n’ roll à une nouvelle génération qui en a bien besoin. Longue vie ! C’est l’anarchie en Sarkozie ! — Stef Chanmar

Les Wampas "Chauds, Sales et Humides" (1988)
Peut-on écrire des chansons d'amour en jouant du punk rock ? La réponse est dans ce disque et tient presque dans le seul titre d'ouverture : "Le Seigneur Est Une Fleur". Sur un rock'n'roll endiablé, moitié punk, moitié yéyé, Les Wampas abordent leur période de transition. Le psychobilly des débuts est derrière eux, on n'en trouve plus que d'infimes traces sur ce disque, dans les textes ("Les Psychos Tournaient") ou dans la musique ("Vautours", "Ver de Terre"). Certes, la tendance est encore fortement influencé par un rock'n'roll à l'ancienne, mais un Wampas nouveau commence à grossir dans son cocon. "Yeah Yeah", "Pontoise", "Le Slow", "Les Abeilles"… et surtout "J'ai Quitté Mon Pays", le tube de cet album, donne de la variété à Chauds, Sales et Humides, un côté déluré et excentrique que le groupe ne cessera de développer à l'avenir (cf. l'album suivant Les Wampas Vous Aiment). La version CD récemment rééditée est intéressante puisqu'on trouve "Je Suis Un Voyou", une des rares reprises de Coluche qui tiennent la route, et le célèbre "Touche Pipi", extrait de la compile Mon Grand-Frère Est Un Rocker… — Frank Frejnik

Les Cadavres "Existence Saine" (1989)
La légende dit qu'ils se sont formés en 1979. Probable. Ce qui est sûr, c'est que le tout premier album des Cadavres sort en 1989. C'est celui-ci : Existence Saine. On peut sans doute trouver que dix ans, c'est long pour accoucher d'un album. Certes. Les Cadavres ont été long à la détente (quoi de plus normal pour des déterrés !), pourtant, durant cette décennie, le groupe parisien n'a pas chômé, sortant quelques EP plutôt cool, allongeant des titres sur des compilations à portées internationales, mais surtout il a appris à jouer et à maîtriser son punk rock fougueux d'origine, héritage des Damned, Clash, 999 et autres moins glorieux combos de l'ère 77/78. Ça méritait d'attendre car Existence Saine est un disque parfait, constitué de tubes keupon vitriolés ("Les Roses", "7h23", "Existence Saine", "Ennemi", "Les Salaud Vont en Enfer", "Svetlana") et de textes sur le quotidien où le pessimisme et l'envie de révolte se côtoient magnifiquement. Le disque a été réédité en vinyle et on attend toujours sa version CD chez Crash Disques. — Frank Frejnik

PKRK "Atchoum" (1991)
Après la débâcle du rock alternatif à la fin des années 90, le punk rock français lorgne du côté de l'Amérique (le hardcore, la noise et le skate punk). Pour autant, il reste des résistants du chant en français (Les Cadavres, Les Shériff et la branche anarcho…), mais pas vraiment de sang neuf. Que du réchauffé ! Le salut du punk en français viendra de Metz, avec PKRK — quel patronyme évocateur ! — qui, après un premier LP où il a jeté les bases de son punk rock mélodieux, transcende la formule Ruts/Clash avec Atchoum. Ça débute par "What's My Name" qui n'est pas une reprise du Clash, et ça se termine par "Somebody Got Murdered" qui, elle, en est une. Au milieu, des chansons, des vraies, entraînantes et envoûtantes par leur extrême "mélodicité" ("On N'est Pas Sérieux", "Pas Fait Pour Briller") mais aussi par la subtile sémantique qu'elles contiennent. Avec ce disque, l'étiquette "punk rock messin" devient un trademark de qualité (même Les Cadavres, pourtant parisiens, s'y rattacheront) qui influencera les générations suivantes, de Zabrikie Point à Guérilla Poubelle. Cet album est dispo sur l'anthologie CD PKRK - Les Restes, sortie sur Combat Rock. — Frank Frejnik

Les Shériff "Les Deux Doigts Dans La Prise" (1992)
"On est les Shériff et on fait du bruit !" Quoi de plus probant pour aborder les Shériff que ce live "enregistré dans un bar breton un vendredi 13" ? 33 titres en à peine plus d’une heure et autant d’hymnes punk rock ‘n’roll ("A Coup de Batte de Baseball", "Panik à Daytona Beach", "Je Veux Savoir Pourquoi", "J’aime Jouez Avec Les Feu", "Pendons les Haut Et Court ", etc ) envoyés pied au plancher, sans ceinture de sécurité ni airbag ! Souvent qualifié de "Ramones français" (on pense évidemment à It’s Alive, l’album live de 1977 des New Yorkais), les Montpelliérains partageaient avec les Daltons du Queens, un goût immodéré pour les mélodies entêtantes, l’urgence du jeu et l’enchainement épileptique des morceaux. Autre point commun, les textes dont l’apparente naïveté n’a d’égale que l’efficacité rythmique et mélodique, et qui figure certainement parmi les plus accrocheurs du rock français ! Ils se saborderont finalement en 1998 après 14 ans de bons et loyaux services et des centaines de concerts "les deux doigts dans la prise" : 1, 2 et 1, 2, 3, 4 ! — Stef Chanmar

Zabriskie Point "Les Hommes Nouveaux" (1997)
Lors de l'explosion de la vague punk rock mélodique américaine (Green Day, Rancid, Bad Religion, Nofx, Lagwagon), le fossé entre les générations s'est creusé à coups de pelleteuses en France. D'un côté, les anciens qui ne reconnaissent pas "leur" punk rock ; de l'autre, des jeunes, demandeurs de nouvelles sensations qu'ils ne vivraient pas pas procuration. C'est grâce à cette génération que les Nantais de Zabriskie Point ont fait leur trou. Parce qu'eux aussi voulaient quelque chose de neuf, un style qui leur ressemble, un ton qui convienne à l'époque. Sur une base punk française traditionnelle (les Cadavres, PKRK, Les Shériff), les Zab ont ajouté une rigueur et des influences US (Nofx, Bad Religion) qui ont donné un mix (d)étonnant et — pour une fois — réussi ! Mais plus encore, ce qui a fait du groupe un étendard du punk rock des années 90, ce sont les textes et le chant de François Bégaudeau (oui, l'auteur primé) qui montraient qu'on pouvait chanter en français sur du punk empressé autre chose que des slogans éculés et mal fagotés. Pour toutes ces raisons, Zabriskie Point est aussi important que le reste des groupes de ce dossier. C'est lui l'influence principale des groupes actuels (Guérilla Poubelle, Justin(e), Charlie Fiasco, Dolores Riposte…)… Une anthologie du groupe est sorti fin 2009 sur Zone Onze records. — Frank Frejnik

Burning Heads "Escape" (1999)
Difficile de choisir un album des Burning Heads, tant le parcours discographique des Orléanais frise le sans faute, et ceci du premier album de 1992 au récent Spread The Fire ! On choisira finalement Escape, c’est parce qu’il marque l’avènement de la période hardcore mélodique du groupe, et que c’est cet album qui finira de les imposer comme la référence française en matière de punk rock, ainsi que comme un des meilleurs combos européens. Cinquième album du groupe, et deuxième chez Epitaph — le label de Brett Gurewitz de Bad Religion—, Escape bénéficie de l’excellente production de Jack Endino (producteur entre autre de Nirvana, Soundgarden, Mudhoney et L7) qui avait déjà réaliser Dive, le deuxième opus du groupe en 1994. Il réussit en moins d’une demi-heure et 14 titres à retranscrire l’énergie des concerts et le talent mélodique du groupe. En effet, des tubes potentiels que sont "S.O.S." et "Fine" jusqu’à la reprise du "No Way" des Adolescents (déjà eux !)… pas un temps mort, pas une baisse d’intensité ! Seul "Babylon By Skate", titre reggae/dub qui termine l’album permet de faire redescendre la tension… Cette chanson, qui confirme le goût des Burning pour l’exploration de nouveaux territoires musicaux, annonce également le tournant que prendra le groupe avec son prochain album, Opposite en 2001. Mais ceci est une autre histoire… — Stef Chanmar

Uncommonmenfrommars "Noise Pollution"(2004)
En fans inconditionnels de punk rock "à roulettes" californien, les Unco’ confient en 2001 la réalisation de leur premier "vrai" album à Ryan Green, producteur américain s’étant précédemment illustrer sur les albums de Nofx et Lag Wagon. Ils décident en 2004, après l’intermède acoustique Kill The Fuse produit par Steve Albini (Nirvana, Pixies, PJ Harvey), de renouveler l’expérience et s’envole à nouveau pour le Motor Studio de San Francisco. Sous la houlette du producteur californien, ils concoctent Noise Pollution, album à la production léché, mettant en avant leur maitrise instrumentale, la qualité des harmonies vocales et l’efficacité des compositions. En effet, à l’écoute du tubesque "You Can Be Evil" et des imparables "Fire Cracker" et "Money And Succes", on comprend pourquoi cet album a fait passer les Unco du statut de challenger à celui de valeur établi du punk rock français, auprès d’une nouvelle génération ayant grandi aux sons des disques d’Offspring, Green Day et Nofx... — Stef Chanmar

Guérilla Poubelle "Il Faut Repeindre le Monde… En Noir (2005)
Quelque part, Guérilla Poubelle est le produit de tout le punk rock français qui a existé avant lui. C'est facile de dire ça pour un groupe qui est entré en scène en 2004, mais c'est purement et simplement la vérité. Dans Il Faut Repeindre Le Monde En Noir, il y a le côté provoc de Metal Urbain, le désespoir festif des Bérus, le nihilisme des Cadavres, l'esprit mélodique de PKRK, la réflexion de Zabriskie Point et le jeu empressé des Shériff. Né sur les cendres du déjà groupe culte Les Betteraves, Guérilla Poubelle (GxP pour les intimes, tu crois qu'il vient d'où le x ?) n'a rien volé aux groupes précités, il n'a fait que les écouter et prendre leur message en pleine face. Le monde est merdique. Le monde est foutu. Le monde est désespérant. Gueuler sur sa face en jouant du punk rock ne l'améliorera pas (les aînés l'ont font, et ça va de mal en pis), mais ça fait du bien. Voilà peut-être la raison du succès, imprévisible et irrationnel, de ce disque… qui a su parler le langage d'une nouvelle génération. Mais plus que le succès remporté par le groupe parisien lui-même, le grand mérite de ce disque est d'avoir engendré un nouvel élan dans la scène punk rock hexagonale. De ce dynamisme naîtra un public, des groupes, des labels, des activistes, des concerts, etc… bref, une véritable scène qui, si elle n'est pas beaucoup médiatique, a le mérite d'exister et de vivre pour et par elle-même ! — frank Frejnik








