Quand j'serai grand...
Petit vous réviez d'être pilote d'avion ou hôtesse de l'air mais la dure réalité des cours de maths et de l'économie vous a orienté vers d'autres voies de garage et aujourd'hui si vous êtes chez France Télécom, le suicide vous guette. Si vous travaillez de près ou de loin pour l'industrie automobile, vous êtes au chômage partiel et même si vous n'êtes pas dans ces deux cas de figure, il y a de fortes présomptions pour que vous ne soyez pas épanouis dans votre milieu professionnel.
Si secrêtement vous cherchez une manière de tourner la page (sans tourner en rond) et de partir sur de nouvelles bases, l'association Savoir Faire et Découvertes va vous être utile. Basée dans l'Orne, mais accessible à tous via son site internet, elle regroupe un réseau de plus de 150 artisans, agriculteurs ou artistes écologiquement responsables dont le but est de proposer des stages de découverte active et des tests de métiers. Tout est basé sur l'échange et la transmission de savoir faire. Par exemple, vous pouvez tester le métier d'ânier. L'âne fut longtemps, à tort, un animal délaissé mais depuis quelques années on redécouvre ses avantages dans l'agritourisme notamment (exploitation agricole avec une activité touristique qui rend le projet viable) ; pendant 4 jours vous vivrez en immersion avec votre formateur et ses animaux.
Beaucoup de métiers liés à l'habitat écologique sont disponibles (bio électricien, constructeur en bois, paille/terre, décorateur créateur de peintures naturelles, installateur en phyto-épuration), ainsi que de nombreuses activités axées autour des produits naturels (apiculture, aromathérapie, boulangerie, brasserie, fromagerie).
Le principe de tout ceci est avant tout la découverte sans engagement définitif, les stages et formations sont de courte durée, si l'on n'est pas sûr de son envie ou de son projet, quelques heures en contact avec la réalité du métier vous aideront à finaliser votre choix.
Pour en savoir plus et franchir un petit pas vers votre nouvelle vie voici l'adresse du site : www.lesavoirfaire.fr
(Rachel B.)
La curiosité n'est pas un vilain défaut
Alors figurez vous qu'il existe une revue Silence qui pense qu'il est possible de vivre autrement sans accepter ce que les médias et les pouvoirs nous présentent comme une fatalité. Gérée par une association indépendante de tout mouvement, ce mensuel se veut explorateur d'alternatives dans les vastes domaines de l'écologie et de la non-violence. La rédaction est majoritairement composée de bénévoles (plus de mille en 25 ans) répartis sur toute la France et même au-delà. Pour eux, l'information n'étant pas une marchandise, elle est libre de reproduction. Pour ceux qui font ce magazine, le contenu doit passer par des échanges d'informations, des réseaux et des microprojets ayant toujours à la base un aspect social et humain et si possible un engagement militant. Par exemple; dans le numéro de juillet 2009, on trouve un article sur un couple de producteurs de fruits rouges qui se sont lancés dans la transformation de leurs récoltes en sorbets bio et qui essaient aujourd'hui de soutenir l'installation de maraîchers bio dans leur région, la Bresse.
Chez Silence, on considère que plus les problèmes sont multiples, plus il y a de solutions et qu'agir même un peu, ça peut changer beaucoup. Ènergies renouvelables, agriculture bio, médecines naturelles ; mais aussi entraide, convivialité, temps de vivre et droit à l'erreur sont abordés avec curiosité volontaire et passion volontariste. Lire Silence pour la première fois procure une sensation agréable : on est à la fois emballé par les sujets abordés et surpris par le ton non-conformiste et ça fait du bien !
Dans le dernier numéro (371) le dossier est consacré aux autres modes de conso (circuits courts, AMAP). Vous ne trouverez pas Silence chez votre marchand de journaux, il est diffusé par abonnement et dans des points de dépôt (librairies alternatives, magasins bio). Pour aller plus loin : www.revuesilence.net
(Rachel B.)
Ecoute (récré)active
Lorsque vous avez acheté un lecteur MP3, la première opération a été de transférer vos CD, voir de numériser vos vinyles pour ceux qui sont nés avant 1980. Ensuite vous avez podcasté vos émissions de radio préférées et depuis ça, pas grand-chose de neuf à vous mettre entre les oreilles.
C'est dans la revue Silence, que j'ai découvert l'existence des programmes : Du Vert dans les Oreilles. L'idée de deux jeunes bretons tout juste sortis d'études, l'un en agronomie, Goulven Maréchal, l'autre dans le son, Alexis Lis. Pour eux, le monde agricole n'est pas assez "audible" dans les médias (en dehors des manifs, on n'entend rarement la vie ou l'avis des paysans…). Comme des compagnons, ils ont donc décidé, pendant un an, de faire un tour de France à la rencontre d'une vingtaine d'exploitants qui pratiquent une agriculture alternative. Leur parcours les a emmenés de Bretagne en Auvergne, en passant par la Normandie, le Nord, le Jura et aussi le Gard et le Lot et Garonne.
A chaque rencontre, ils s'installent pendant une semaine pour faire connaissance et enregistrer des portraits sonores qu'ils vont ensuite proposer à la diffusion à des radios associatives et aussi mettre en libre écoute et podcast sur leur site. Pendant 23 minutes c'est une totale immersion, l'ambiance sonore est très soignée et les interviews toujours enrichissantes. Ces épisodes sont une véritable bouffée d'air pur, on est très loin ici de l'agriculture productiviste à tout va et qui de jour en jour se démantèle (le combat actuel des producteurs de lait en est un bon exemple). C'est de "l'optimisme rural" qui fait plaisir à entendre même si les problèmes de ces paysans pionniers d'une nouvelle agriculture, ne sont pas tous résolus, d'autant plus que certains (administration, syndicats, lobbies) leurs mettent des bâtons dans les roues (…de tracteur).
Aujourd'hui Goulven et Alexis ont rejoint le monde du travail mais ils gardent du temps pour continuer l'aventure sonore sous d'autres formes ; un CD avec des modules de 5 minutes, à destination des radios, mettant en valeur des initiatives durables sera bientôt réalisé. Pour écouter ou connaître la liste des radios qui diffusent : www.duvertdanslesoreilles.fr
(Rachel B.)
S’il te plait, dessine-moi une ville..
.Avez-vous déjà vu des arbres fruitiers, des courgettes, des tomates sur les ronds-points, dans les jardins publics ? Et tous ces terrains inoccupés… ne serait-il pas plus agréable de les voir fleuris ? Depuis dix ans pourtant il existe un mouvement nommé “Guérilla Garden” qui sévit dans nos villes. Son but : redonner à ces lieux l’aspect ou l’usage que l’on veut. Peu souvent (et même jamais) l’occasion nous est donnée de décider, de choisir ou de changer l’image de notre environnement. Ainsi, armés de grenades — composées de graines, de lombricomposte et de terreau — et de plants, en groupes ou individuellement, ces sympathiques activistes prennent d’assaut les espaces si tristes pour les modeler à leur vision. Fleurs, fruits, légumes poussent après leurs passages. Les premiers pas du mouvement remontent à 1973 à New York avec la “green guérilla” qui eut pour but de transformer un lotissement abandonné de Manhattan en jardin public. En France, les premières opérations sont sûrement les actions de “Rennes jardin” qui, à l’occasion des travaux sur le réseau routier et métro, ont planté des arbres sur 200 m2 (ifs et merisiers) sur l’emplacement d’une maison rasée par les bulldozers. Le premier juillet 1996, le Have På En Nat (Jardin En Une Nuit) a été réalisé par le groupe danois Økologiske Igangsættere (= organic starters). Un lopin de terrain inutilisé au milieu de la ville, à Guldbergsgade, dans le quartier Nørrebro de Copenhague, au Danemark, a été transformé en jardin en une seule nuit. Environ 1000 personnes ont pris part au projet.
Ainsi, pourquoi ne pas transformer nos terrains-vague en potagers collectifs ? Bien sûr, les municipalités ne sont pas souvent ouvertes à ce type de projet, préférant de loin revendre ces endroits à des promoteurs ou y construire un hypermarché, l’opération est bien plus lucrative pour la commune. Certaines associations ou groupements de personne s’unissent pourtant pour donner vie à des potagers qui apporteront légumes et fruits toute l’année. C’est aussi l’occasion de consommer “bio” sans engraisser les hyper et de mieux comprendre le cycle des saisons et des légumes qui s’y lient. C’est l’opportunité de rencontres et d’échanges, une façon de S’ENRICHIR intellectuellement… C’est le cas, par exemple, d’un collectif près de Nantes qui regroupe des personnes de tous horizons. Les premiers pas se font en 1997, le but est d’accéder à une autonomie alimentaire. Ensemble, ils cultivent une parcelle, échangent leurs idées et mettent leurs savoirs en commun, toujours dans le même but : la collectivité. C’est en tout une cinquantaine de personnes qui sèment et désherbent, mais aussi partagent des moments et des repas conviviaux où les générations s’entremêlent. Un très bel exemple motivant et encourageant. Ces expériences nous montrent que nous pouvons… Nous sommes acteurs dans notre société, et non des pions impuissants et passifs. Et si on dessinait…
(Christian)








