Les pieds dans le Plat
Une autre consommation est possible, partout chaque jour se tiennent des marchés où l?'on rencontre des maraîchers locaux (même en région parisienne !) ; des groupements de consommateurs se créent sous forme d?'AMAP (association pour le maintien d?'une agriculture de proximité), d?'autres ont retrouvé une yaourtière des années 70 et mangent désormais des yaourts 'maison' ; les locavores, eux font en sorte de s?'alimenter avec des produits ayant parcouru moins de 150 kms avant d?arriver dans leur assiette ; les exemples sont multiples et s'?inventent chaque jour par tout un chacun sans pour autant devenir asocial ou marginal bien au contraire. (Rachel)
Le pain old school, à l’ancienne
Aujourd’hui, les trucs de nos grands-parents, c’est nul, vieux et ringard. Sauf les trucs old shool ou à l’ancienne… Le bon exemple de notre quotidien, c’est le téléphone portable. S'il a plus de huit mois, il est ringard et son possesseur has been. En revanche, pour la nourriture, on aimerait bien manger "comme avant". Les bons plats avec des vrais légumes (achetés sur le marché), qui ont du goût, sans OGM, sans pesticides ni engrais. Mais voilà, maintenant il faut payer la différence. Le bio, le AB, c’est plus cher. Il y a vingt ans (et oui déjà), le pain avait une belle croûte, une mie légèrement jaune et, bon sang, qu'il avait du goût ! On en trouve encore aujourd'hui, mais comme c’est du pain à "l’ancienne", il est plus cher. Pendant des années, on nous a gavés de pain sans goût, avec une mie incroyablement blanche, du "pain éponge" capable de vider un bon bol de café en un seul trempage pour tout rendre au premier coup de croc. Et maintenant, on nous sort un tout nouveau super pain "old school", bien meilleur bien sûr, mais aussi plus cher que notre habituel "éponge".
Pendant des années, on nous a vendu des légumes sans goût, comme les tomates en hiver, les plats tout prêts, les pizzas, le poulet (qui n’a de poulet que le nom) dont la viande tombe toute seule quand on tient la cuisse par l’os… et voilà qu’aujourd'hui ils nous inventent le bio, le fermier, le label machin qu’est mieux pour la terre. Si c'est si bon, pourquoi nos grands-parents n'ont pas inventé les légumes boostés aux produits chimiques, le poulet des cavernes (tout blanc qui n’a jamais vu le soleil), le maïs de mars (celui qui résiste au désherbant le plus radical et pousse incroyablement vite et tout calibré) ? Nous nous retrouvons à chercher ce que nous avons perdu faute d’avoir consommé sans réfléchir. Oh certes, on nous a bien bourré le "mou" (ne perdez pas votre temps à cuisiner, mangez de la m…de). Je ne dénigre pas le bio, on devrait juste appeler ça du naturel. Manger des légumes de saison et de la viande une à deux fois par semaine serait plus en adéquation avec notre bonne vieille planète qui nous a bien nourris jusqu'à présent. Aujourd’hui un tiers de la population souffre de carences alimentaires alors que nous pourrions nourrir treize milliards d’individus !
Mais comme les hypermarchés sont des gloutons assoiffés d’argent, qu’à cela ne tienne, sauvons la planète et vendons du bio ! Bio qui, d’ici peu, sera produit en masse au même titre que le chimique de nos jours. Les producteurs seront à nouveau mis sur la paille avec des prix d’achat fixés par les "cinq centrales d’achat" en France, des hypers qui garderont leurs confortables marges… Et ceux qui crèvent de faim tous les jours continueront au mieux à récupérer nos déchets. (Christian)
A lire : http://www.jacquesvlemaire.be/blog/tag/jean-ziegler
Les psys nous attendent au carrefour
La magie des hypermarchés, c’est d’arriver à nous vendre ce qu’ils veulent. Pour cela, aucune règle, tout est permis, il faut que nous vidions les rayons. Comment s’y prennent-ils ? C’est tordu, mais simple et efficace. D’abord le prix, des produits d’appel et des rayons de sous-produits pas chers sur lesquels ils font une marge confortable. Mais comme parfois nous sommes un peu réticents, il faut truquer. C'est à ce moment qu'intervient l’escadron du business : experts, commerciaux, scientifiques, publicitaires et psychiatres. Psychiatres ? Que viennent-ils faire ceux-là ? Des potes aux scientifiques qui passaient par là ? Bah non. C’est que l’homme est bizarre parfois, il veut du bleu, mais achète du rouge alors que le jaune était moins cher. C’est compliqué un homme. C'est pour cela que les psys sont là. Ils nous étudient comme des rats de laboratoire, pour savoir comment on fonctionne, à quelles couleurs on réagit, quelles sont les formes qui nous plaisent. Idem pour les enfants ? Oui, eux aussi. Surtout les enfants. Ils les étudient, leur font passer des tests pour connaître leurs faiblesses. Avec les données récoltées, ils nous font de beaux rayons pleins de trucs qu’on aime, présentés comme on aime bien. Nous avons tous remarqué que l’entrée des hypers se situe toujours sur la droite du magasin. Savez-vous pourquoi ? Simplement parce que nos psychiatres ont remarqué que notre vision se tourne toujours vers la gauche (ça, c’est peut-être pas mal pour l’humanité !). Donc, dans les hypers, on trouve à gauche ce qui est indispensable, et à droite toutes les futilités. Ensuite, la réflexion va plus loin. Dans les hypers, on nous montre à l'entrée ce qui est le moins important, le papier toilette, les cosmétiques, les chaussures… Et à l’autre bout, les légumes, la viande, l’eau, le lait. Ainsi, même si on ne vient acheter qu'un saucisson et un citron (et peut-être une bière), on est tenté par plein d'autres choses. Si ce n'est pas le cas, c'est qu'on a volé par-dessus les rayons. Comme nous ne sommes pas encore dotés d’ailes dans le dos, on peut raisonnablement dire que les psys ont bien bossé ! (Christian)
Mon chat est bio !
Petite aventure moderne dans un hypermarché ; ou comment la grande distribution brouille les cartes des consommateurs.
Je partage ma vie, entre autres, avec un chat. Et cet animal a besoin d'être nourri régulièrement, comme nous tous d'ailleurs. Autrefois l'alimentation des animaux domestiques était beaucoup plus simple ; la nôtre aussi d'ailleurs... Je me souviens, vers l'âge de 6 ou 7 ans, d'avoir accompagner ma grand-mère chez le boucher : "Et avec ça ma p'tite dame, un peu de mou pour le chat ?" Le mou, pour ceux qui l'ignoreraient, ce sont les poumons des animaux de boucherie. Pour moi c'était un moment exceptionnel de donner son mou au matou ; il y avait des ciseaux destinés uniquement à sa découpe, c'était à la fois effrayant pour cause d'aspect sanguinolent, mais en même temps découper cette matière spongieuse était plutôt agréable et prenait un caractère fantastique pour une enfant "nourrie" (décidément c'est bien de cela qu'il est question) aux contes de Perrault. Aujourd'hui allez demander à votre boucher du mou pour Félix, il va vous regarder avec ses yeux ronds (les bouchers ont souvent les yeux ronds) et vous dire qu'il a peut-être un os pour votre chien, mais qu'il va vous le faire payer, de nos jours tout se vend ma bonne dame. Et pour ce qui est du mou, il ne peut rien pour vous. Donc il fallait que j'achète des croquettes pour mon félin puisque c'est ainsi qu'il s'alimente. Je tiens ici à préciser à tous ceux d'entre vous qui nourrissent de façon régulière un animal, qu'il est inutile de lui changer son parfum ou la consistance de ses repas pour lui faire soi-disant plaisir. Tout cela n'est, une fois de plus, que du marketing pourri et des méthodes de vente forcée que les fabricants s'échinent à nous fourguer à longueur de spots publicitaires. La pâté dégueulasse qui veut dire je t'aime à votre chat, veut en fait dire je m'aime à travers mon animal domestique et même aimez-moi, car ils l'on dit à la télé, en achetant ce produit j'atteins un niveau de relation supérieur avec une boule de poils. Autrement dit : si je ne l'achète pas, je suis un pauv'naze !!
Me voici arrivée dans l'hypermarché, que je fréquente le moins souvent possible et surtout pas quand j'ai un petit coup de mou (tiens y'en a encore en fait) car sinon le mal s'aggrave. Non, quand on se rend dans ce genre d'endroit, il faut une bonne dose de courage et d'optimisme, la positive attitude de Raffarin par exemple. Je me rends donc rapidement à l'emplacement du rayon qui m'intéresse et là, stupeur ! Il n'y a plus rien. Plus la moindre boîte en carton de 450gr ni même les gros sacs de 1kg500. Pas plus de conserves, ni la litière, ni les pouic pouic. Rien, je vous dis, ils ont tout viré... A vrai dire il y a quand même quelque chose. Au niveau des couleurs, on ne s'y retrouve pas vraiment. Ce ne sont plus les emballages chatoyants des croquettes, non, tout est blanc et vert un peu ambiance clinique aseptisée, car l'allée dans laquelle je me trouve est devenue le rayon Bio... Une longue allée avec des deux côtés des produits étiquetés bio, labelisés bio,emballés voire suremballés bio. Tout est bio. Bien trop bio... Et là, je me pose des questions : pourquoi ce changement ? Pourquoi ce rayon bio à cet endroit ? Et surtout où sont passées les croquettes ? J'aurai pu interpeller le directeur du magasin pour connaître les raisons de ce changement, mais je n'avais pas le temps, et puis je crois avoir les réponses. La consommation bio en France augmente d'environ 9 % par an depuis 10 ans et 40 % du commerce bio transitent par les grandes surfaces. C'est un marché juteux et en pleine expansion, donc les hypers ne doivent pas laisser passer une si belle occasion de se faire encore plus de pognon sur le dos des consommateurs, comme d'habitude. Je pense aussi que l'emplacement dans le magasin a été judicieusement choisi. Il se trouve juste entre les biscuits apéritif et le rayon des sodas. Autrement dit, un passage quasi obligé pour la majorité des clients qui, culpabilisant d'avoir des chips et du coca dans leurs caddies, mais néanmoins soucieux de leur bien-être vont se laisser aller à quelques achats dans le nouveau rayon bio en pensant qu'ils font une bonne action pour la planète, et le Grenelle de l'environnement, et la semaine du développement durable, et tout et tout puisqu'ils l'ont dit aux infos et dans les journaux.
Et les croquettes me direz-vous ? Et bien j'ai dû traverser à nouveau tout le magasin, arpenter tous les rayons en long en large et en travers pour les découvrir enfin, coincées entre le rayon de la bagagerie et celui des machines à laver. Et là, je n'ai pas d'explication plausible quant à ce choix. Peut-être certains achèteront une valise afin d'y noyer leur chat avant les vacances. D'autres préféreront essorer leur matou dans le tambour à 1000 tours minute... Je ne sais pas, mais en écrivant cela, tout de suite j'ai un petit coup de mou alors je n'en dirai pas plus. (Rachel)
Les gorilles ne téléphonent pas
Le téléphone portable occupe aujourd’hui une place importante dans notre société. Alors que certains rapports d’expertise incriminent celui-ci dans l’augmentation des cas de cancer du cerveau, il n’est pourtant pas encore prouvé que ce dernier soit néfaste pour notre bonne santé. Mais le doute subsiste. Il serait préférable, au bénéfice du doute et comme dans d’autres cas (ex. ogm), de prendre ce paramètre en compte si nous ne voulons pas découvrir trop tard que téléphoner est dangereux pour notre santé. Les gorilles ne téléphonent pas et pourtant ils sont les premiers à payer de leurs vies le développement économique de celui-ci.
Au Congo, pays où le COLTAN (colombo tantale) est principalement extrait, d’interminables affrontements opposent ses pays voisins et les rebelles pour nous approvisionner en différents minerais dont le COLTAN. Ce dernier est utilisé dans la fabrication de divers composants électroniques indispensables à la mise en œuvre de nos PLAYSTATIONS et TELEPHONES PORTABLES. Les mines à ciel ouvert, détenues par les rebelles, sont la cause principale de la déforestation de l’une des dernières forêts primales abritant diverses espèces en voie de disparition. Installés dans le parc national du Congo, les rebelles n’hésitent pas à tuer gorilles et éléphants pour se nourrir. De plus l’espace de vie de ces espèces en voie de disparition est de plus en plus réduit, ce qui a pour conséquence directe la disparition à terme de ceux-ci. En 1994 la population des gorilles des plaines était de 17000 individus, il en reste aujourd’hui 5000 ! A ce rythme, d’ici dix à quinze ans, il n’y aura plus de gorilles des plaines.
La survie des gorilles dépend désormais de notre consommation de téléphones portables. A cela on peut ajouter des dizaines de milliers de civils tués dans les affrontements liés à l’exploitation de ce minerai, exploitation qui, de plus, met la vie des enfants (exploités pour extraire le minerai) en péril. (Christian)
A lire : congobitumbaekosila.centerblog.net








