Car si le premier rôle appartient bien entendu au touche à tout lillois (Jneb invente des romans multimédia, compose de la musique, écrit de la poésie, s'amuse avec toutes sortes d'images), on trouve toute une équipe de potes à ses côtés. Les trois musiciens du band d'abord (Messieurs L et P, Manzelle D), mais aussi une pléiade d'invités rencontrés au gré des ballades du groupe sur les routes de France et de Navarre. Batbat (Diego Pallavas) intervient sur "Ça sent La Merde", Martin le chanteur de Kiemsa sur "Il Faut être Pris Pour Être Prisonnier", Lorenzo de No Flag fait les chœurs sur "Le Mâle Bien" tandis que Bidingue Marcel et Marchmaninov enveniment chacun à leur tour "Histoires Courtes" et "Enfance V(i)olée". On retrouve même Chester au dessin de la pochette du disque, et Zarno pour le design des personnages et décors du clip livré en bonus (un chouette clip en animation).
Bon, c'est bien beau tout ça, mais niveau musical, ça donne quoi, JNEB Band ? Hé bien, l'ambiance générale, dont le titre d'ouverture "Jneb Band En Gaule" est un joli résumé, rappelle le Bérurier de Souvent Fauchés, Toujours Marteau (boite à rythmes rentre dedans, gros riffs de guitares acharnés) avec l'énergie hardcore d'un Lofofora version dézingué. Ça bastonne plus encore avec "Enfance V(i)olée" où des cuivres entrent en jeu. Duel de sonorités genre Ministry qui percute Métal Urbain. Ça bouscule, ça rudoie, ça renverse… avec l'idée que la musique doit être aussi violente que les paroles qu'elle est censé accompagner. Ainsi, le rythme et les mélodies donnent du coffre aux mots. Les phrases deviennent des coups de pic dans le cœur, des coups de pied au cul. Vous secouer comme ça, JNEB n'a rien trouvé de mieux pour faire rentrer ses chansons dans votre tête. Et c'est plutôt réussi. — Pépito Ramirez
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