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Posté le Mercredi, 30 Septembre 2009

On The Road : Dolorès Riposte

On the Road est un questionnaire spécial sur les groupes en tournée. Premier groupe : les punks parisiens de Dolorès Riposte, auteur l'an passé d'un étonnant album Fatalisme et Anorexie Sociale chez Crash Disques. Ils nous livrent leurs petites histoires d'avant et après concert.

A quoi occupez-vous les heures de camion entre vos concerts ?
Fred (guitare-chant) : Il faut déjà que le camion veuille bien démarrer. A partir du moment où il a démarré, la moitié du trajet est fait. Les premières heures de route sont souvent utilisées à des fins de réunion. On parle un peu de ce qu'on nous propose, de ce qui serait bien de faire ou de ne pas faire, bref… parler de la vie du groupe. Puis, ça part vite en vrille, on aime bien se foutre de notre gueule mutuellement. Dès qu'il y en a un qui est trop vexé, on s'arrête, c'est la règle. Il y a quelques sessions Nintendo DS, que l'on arrête dès qu'il y en a un qui est trop vexé de perdre. Il y a certaines personnes dans le groupe qui adorent les jeux vidéo, mais que les jeux vidéo n'aiment pas. Quelques siestes et surtout le travail sur "LA" blague du soir même. Souvent un jeu de mot pourri sur le nom de la ville. On est les rois pour ça. Exemple : pour la ville de Chamonix, on développera un truc du genre "Qu'est-ce qui se passe la nuit dans le désert ? Les chameaux niquent !" Hum, hum. Et tout ça en odorama car l'option douche n'est pas toujours proposée, et les excès d'alcool nous détraquent un peu le ventre. Bref, la vie normale d'un groupe normal.

Qu'écoutez-vous dans le camion ?
On écoute toutes sortes de merdes, beaucoup de punk-rock bien sûr, mais aussi de la variet', du rap, des trucs plus obscurs artistiquement et pas vraiment qualifiables. Mais ce qu'on entend le plus dans le camion, c'est le bruit du moteur ! Faut vraiment qu'on change de camion.

Que vous est-il arrivé de plus incroyable sur un trajet ?

Une roue qui casse nette à 130 km/h sur l'autoroute. Deux crevaisons dans le même week-end. Des gens à qui on a demandé le chemin et qui font exprès de nous faire tourner en rond. Des gens qui ne comprennent pas mon humour et qui veulent me péter la gueule… La liste est longue, on va se démerder pour en faire une adaptation cinématographique avec Pierre Richard.

Les pauses "station essence" sont des moments particuliers dans la vie d'un groupe. Vous est-il arrivé quelque chose de fou durant l'une d'elles ?
C'est plutôt les clients de la station qui doivent être choqués de voir Krostif le bassiste ressortir avec trois sacs blindés de saloperies : saucissons, bonbons, sodas, sandwichs. Il a un appétit d'ogre, et il s'en sort pour une petite fortune à chaque fois. Ils devraient mettre des caddies dans ces stations, rien que pour lui. Sinon, en général, c'est la pause café/clope... un moment très calme où on se retrouve avec soi-même pour méditer sur son sort. Il y a une fois où on a fait un rugby entre les pompes à essence en pleine nuit avec nos potes de Nichiel's, sous le regard apeuré du caissier enfermé à double tour dans sa boutique. On n'était pas super clairs et on poussait des cris d'ours dès qu'on lançait la balle...

Que redoutez-vous le plus lorsque vous partez sur une date ?

On ne redoute pas grand-chose, à part peut-être la peur du tollé et de la salle vide. On a déjà tout vu niveau organisation miteuse, donc à partir de là... Notre ancien batteur avait tout le temps peur qu'on se fasse voler le matos. Une sorte de névrose récurrente et assez fatigante qu'il finissait par nous transmettre.


Quel est le pire endroit où vous ayez joué ?
Un bar à Dijon où on n'était pas les bienvenus. Et où la patronne avait mis une cage en plexi autour du batteur pour atténuer le bruit. On aurait dit un ours polaire au zoo.

Avez-vous déjà refusé de faire un concert ?

On a déjà refusé des plans concerts, mais jamais refusé de jouer un concert le soir même. Cela aurait pu être une solution quelques fois, mais c'est tout de même dommage de priver le public pour une connerie entre nous et l'orga. Et puis si on se tape autant de kilomètres, ce n'est pas pour faire prendre l'air au matos.

Quand on est un jeune groupe punk rock, est-on bien reçu lorsqu'on arrive dans une salle ?

Je pense qu'on est aussi bien reçu qu'un vieux groupe à partir du moment où on est sympa. Une fois il y a eu un petit accrochage entre notre ex-régisseuse et un ingé-lumière qui s'est fini en échange d'email obscènes et menaçants. Mais sinon tout va bien.

Avant de monter sur scène, avez-vous un rite particulier ?

Picoler un peu. Voir beaucoup...Tant que ça ne nuit pas à la prestation, tout va bien.

Quelle est la première chose que tu fais après un concert ?
Moi, je me lave le visage, car je suis allergique à ma propre sueur et à plein d'autres trucs. C'est assez drôle avec le recul, même si sur le moment c'est invivable tellement ça me brûle. Les autres, je ne sais pas trop ce qu'ils font. Je crois qu'ils continuent à picoler. On essaye de finir la soirée en fête. Plus la fin de soirée est débile, plus on repart avec un sentiment de pleine satisfaction. C'est une sorte de service après-vente.

Quelle est la chose la plus folle qu'un fan ait faite pour vous lors d'un concert ?

Il y en a un qui est resté jusqu'au bout du concert et qui a acheté un disque à la fin... Non, plus sérieusement, rien de très fou. Il y a une fille qui nous suit partout. Elle est de Rennes je crois, et on la voit à l'autre bout de la France régulièrement. Elle nous a fait une compile avec plein de photos de nous qu'elle a trouvées sur le net. On est un peu "fleur bleue" et ça nous touche ce genre de truc. Sinon il y a pas mal de kids qui font de la guitare en play-back sur nos morceaux, on peut les voir sur Youtube ou Dailymotion. C'est souvent très mal fait et ça nous fait marrer.

As-tu vécu un moment très embarrassant sur scène ?
Moi non, mais Krostif, oui. Il y a du dossier. Plusieurs chutes... Il recule en jouant, fait ses poses, et ne voit pas qu'il n'y a plus de scène à 20 cm derrière lui... Et paf !

propos recueillis par Pépito Ramirez


http://doloresriposte.free.fr/


Interview initialement
publiée dans Addictif #3