* * 1 * *
Metal + manga =
Detroit Metal City, de Kiminori Wakasugi
La série Nana, dont l'intrigue se déroule dans le milieu de la musique, a été un véritable phénomène dans la sphère manga. Mais ça cause de rock, plus ou moins rock d'ailleurs, et surtout, c'est un truc de filles ! Pour les hommes, les vrais, les durs, il fallait un titre plus viril… plus metal. Avec Detroit Metal City, le metal extrême fait ainsi irruption dans la BD japonaise. Et quelle intrusion ! Sôichi Negishi est gentil garçon fraîchement débarqué de sa province natale, fan de pop niaise, qui s'est retrouvé, on ne sait trop comment, catapulté chanteur du groupe death metal Detroit Metal City. Ce paradoxe est très embarrassant pour Sôichi, timide et sensible dans la vie, puisqu'il se transforme, une fois son costume de scène et son corpse paint revêtis, en Krauser II, guitariste chanteur ultra-violent hurlant des obscénités sur un brouhaha démoniaque. Detroit Metal City est du 100 % seinen (manga destiné aux jeunes adultes) souvent grossier et scabreux (ça dérape vite lorsque le groupe donne un concert), mais c'est audacieux et finalement très drôle. (Éditions 12 Bis)

Une adaptation live du manga DMC a été réalisé en 2008.
Gene Simmons de Kiss y fait une apparition.
* * 2 * *

Metal + comics =
Black Metal, de Rick Spears et Chuck BB
Malgré son format manga, Black Metal est bel et bien un comix. Ses auteurs sont américains et le dessin évoque pleinement les comics indépendants. Voilà pour le contenant. Le contenu maintenant. Black Metal raconte l'histoire des jumeaux Shawn et Sam Strongham, incompris et rejetés dans leur école car ils s'habillent en noir et sont fans de metal extrême. Un jour qu'ils écoutent le dernier album de Frost Axe, un message caché dans la musique dévoile leur véritable destinée : ils sont les héritiers du monde souterrain des Goblins de l'Enfer. Ce premier tome mêle ainsi heroïc fantasy, jeunesse rebelle et culture heavy metal (les personnages que l'on croise au fil des cases portent des t-shirts de Mastodon, Xasthur ou Pig Destroyer) sous un trait évoquant énormément les dessins animés de la chaîne câblée Cartoon Network, c'est-à-dire schématisé à l'extrême mais ultra expressif. C'est fun, complètement fou et finement sourcé, que demander de plus ? Une édition française, pardi ! (Oni Press) - Import US

Parodie d'une pochette de Darkthrone par Chuck BB
* * 3 * *

Metal + Envoyé spécial =
Heavy Metal In Baghdad, de Eddy Moretti et Suroosh Alvi
Deux journalistes de Vice Magazine découvrent un groupe de heavy metal à Bagdad, Acrassicauda, et le filment durant plusieurs mois dans son quotidien. Choc ! On s'émeut des conditions de vie des musiciens, mais aussi de toutes les frustrations qu'ils endurent ("Porter les cheveux longs ici ? Mais je serais immédiatement arrêter !") comme celle de ne pouvoir jouer la musique qu'ils aiment quand et où ils veulent maintenant que leur pays a été "libéré". Le groupe finira par fuir l'Irak pour la Syrie, puis la Turquie. Réfugiés, loin de leur famille, sans argent et sans avenir, ils continuent néanmoins de penser à leur passion. Triste ? Un peu, oui. Mais il y a tout de même des moments de joie dans Heavy Metal in Baghdad (les concerts devant un parterre de fans locaux de metal, la session d'enregistrement), des instants banals pour nous, mais qui se révèlent d'authentiques moments de bonheur pour eux. Acrassicauda existe toujours, et grâce à la diffusion du film dans de nombreux festivals, et aujourd'hui en DVD, il bénéficie d'un soutien d'une partie de la scène metal internationale, touchée par leur intégrité et surtout leur foi en la musique metal. (Vice)
* * 4 * *

Metal + cours d'Histoire =
Swedish Death Metal, de Daniel Ekeroth
Du bel ouvrage que ce pavé (500 pages) sur l'histoire du death metal suédois : super couverture signée Nicke Andersson, richement illustré, bien organisé, bon chapitrage des infos, abécédaire des groupes et des zines, sans oublier une courte bio des principaux activistes du mouvement… Mais ce sont surtout les citations des protagonistes de l'époque qui apportent le plus de satisfaction. L'ouvrage fourmille d'anecdotes, de souvenirs et de révélations. C'est d'autant plus intéressant qu'on découvre cette scène, devenue avec le temps l'une des plus influentes du métal actuel, en plein développement : Nihilist, Entombed, Grave, Carnage, Unleashed, Merciless, Dismember, Tiamat n'en sont qu'à leurs débuts. De cette poignée de jeunes chevelus, Nicke Andersson sera le leader incontestable. C'est lui qui décidera de ce que doit être un groupe death metal (look, musique, attitude). Ce schéma de leader influençant ses camarades rappelle d'ailleurs la genèse du black metal en Norvège (cf. "Lords Of Chaos"). Swedish Death Metal est ainsi une lecture passionnante (en anglais). Certains argumenteront que c'est mal écrit, mais ça a au moment le mérite de ne pas chercher à faire de la mauvaise littérature et de se concentrer sur l'info brute. Et c'est d'autant plus facile à lire et à comprendre. (Tamara Press : www.myspace.com/tamarapress)
* * 5 * *

Metal + Galerie d'Art =
True Norvegian Black metal, de Peter Beste
Enfin, un Beau Livre sur le black metal ! Il est l'œuvre de l'Américain Peter Beste qui a passé sept ans à photographier la communauté norvégienne, chez elle, dans les rues des villes, dans la nature verte, dans des endroits reculés et enneigés, et bien sûr en concert. Ça donne des clichés sensationnels, hallucinants parfois comme ces portraits de Kvittrafn dans les rues de Bergen, ou ceux d'Abbath du groupe Immortal se promenant en forêt. Le grand format du livre permet une exposition maximale des photos de Beste. L'attirail de ces messieurs (les clous, le cuir, les armes anciennes) étincelle tellement qu'il en presque aveuglant. Sur d'autres pages, on sentirait presque la sueur des musiciens en activité, le sang des animaux égorgés, et les vapeurs d'alcool (ou de dope) qui n'est jamais bien loin. Constitué en majorité de portraits de musiciens (Darkthrone, Nattefrost, Gorgoroth, Emperor…) ou de détails de leur attirail, de clichés du public ou des lieux qu'ils fréquentent, le livre s'attarde néanmoins sur la Norvège elle-même, sa nature belle et hostile à la fois. Le livre devient ainsi un profond hommage au berceau du black metal. Plus encore avec le tableau chronologique retraçant la genèse du genre et les fac-similés des archives de Metallion, le rédacteur du fanzine Slayer Magazine (interviews de Mayhem, Emperor, Varg Vikernes ; flyers de concerts, lettres de Euronymous, et photos de l'église de Fantoft après son incendie). Un vrai livre d'histoire. (DVD Vice)
* * 6 * *

Metal + Psychanalyse
Metallica - Some Kind Of Monster, de Joe Berliner et Bruce Sinosky
Ou comment la fabrication d'un album devient une thérapie de groupe… ou plutôt la thérapie d'un groupe dont l'inspiration a fondu comme neige au soleil à force de routine. Tout dans ce documentaire est monstrueux : sa durée (2H21), les moyens mis en place (900 jours de tournage), le groupe lui-même (Metallica), l'ego de ses meneurs (Ulrich et Hetfield), le producteur Bob Rock en homme de l'ombre, sans oublier le psy engagé pour aider tout ce joli monde à sortir de la crise… Même l'édition DVD l'est (énorme), puisqu'elle propose un disque supplémentaire avec pas moins de 7 heures de bonus. Mais la grosse réussite de Some Kind Of Monster, c'est d'être toujours captivant et attractif, et ce, que vous soyez un inconditionnel de Metallica ou pas, fan de metal ou non. Car ce qui est raconté n'a finalement que très peu avoir avec le metal, il s'agit avant tout de relations humaines et de doutes existentiels. D'aucun trouveront le portrait de Metallica bien peu flatteur (le groupe apparaît souvent pathétique et déconnecté de la réalité), mais les fans y verront, eux, toute l'humanité de leurs quatre héros (cf. la présentation du doc au fan-club new-yorkais, présent dans les bonus). Et si on assiste en direct à la mort (clinique) de Metallica, sa renaissance, en fin de métrage, est une happy end étonnante. Une question demeure: qu'est devenu le psy, la révélation de ce doc, qui s'immisce dans l'intimité de Metallica ? (DVD Paramount) - Disponible au catalogue Goéland.fr : ici
* * 7 * *

Metal + Légendes urbaines
Les Seigneurs du Chaos, de Michael Moynihan et Didrik Soderlind
S'il n'y a pas besoin d'aimer Metallica pour apprécier le film Some Kind Of Monster, une connaissance approfondie de la scène black metal norvégienne n'est pas demandé pour savourer Les Seigneurs du Chaos. Ça se lit comme un polar : introduction des personnages centraux et des seconds rôles, situation de l'intrigue, ambition, rebondissements, violence, arrestations, démantèlement du réseau… Tous les ingrédients classiques du roman noir sont présents dans le livre de Michael Moynihan et Didrik Soderlind. À ceci s'ajoute, black metal oblige, une leçon d'histoire de la musique extrême, des faits d'armes extravagants motivés par une conviction politique douteuse, et une analyse plus ou moins objective du phénomène. Bon, vous devez tous connaître le contenu de Lords Of Chaos (titre original), le livre est un best seller qui fit grand bruit dans la scène metal internationale d'où une médiatisation et un succès plutôt conséquents. Mais saviez-vous qu'un documentaire, ayant pour base l'enquête du livre, était dans les tuyaux depuis 2005. Non ? Pas grave. Il y a eu du changement. Le Japonais Sion Sono prévoit d'en faire une sorte de teen movie horrifique dont le personnage central, joué par Jackson "Twillight" Rathbone, n'est autre que Varg Vikernes (aka Count Grishnackh de Burzum). Lords Of Chaos, le film, est en cours de tournage et sortira en 2010. Dingue, non ? (Editions Camion Blanc)

La pré-affiche du film inspiré du livre Lords Of Chaos !
* * 8 * *

Metal + Jeu vidéo
Earache Extreme Metal Racing
Earache Records possède un back catalogue de fou (Napalm Death, Bolt Thrower, Carcass, Entombed, Morbid Angel) sur lequel il continue de capitaliser à outrance (comment lui en vouloir quand on est assis sur pareille fortune), mais ça ne l'a jamais empêché de miser sur l'avenir, osant ainsi investir sur des groupes ou des tendances résolument avant-gardistes (Cult Of Luna pour le meilleur, la techno gabber pour le pire). Dans le même esprit de "développement durable", il s'est lancé sur des projets non musicaux. Comme le jeu vidéo Earache Extreme Metal Racing de 2006 dans lequel vous deviez faire un maximum de points en écrasant des zombies piétons au volant de pétaradantes voitures dans lesquelles l'autoradio joue à fond du Napalm Death, At The Gates, Cathedral, The Haunted, Hate Eternal, Cult Of Luna, Beecher… Le jeu, sorti sur PC et PS2, ne semble pas avoir fait beaucoup de vagues, mais l'initiative était louable et présageait une future collaboration détonante entre le jeu vidéo et le metal … qui aura finalement lieu un peu plus tard avec l'avènement des nouvelles consoles et de s titres comme Guitar Hero et Rock Band. (Earache)
* * 9 * *

Metal + collection =
Guitares miniatures
En 1997, Todd McFarlane, dessinateur de comics US (Spawn, Spiderman) décide de sortir des jouets Kiss. Gros succès. Mieux, ce fut une révolution dans le monde du merchandising !S'en suivirent d'autres modèles de Kiss, puis des figurines de Rob Zombie, Metallica, Angus Young, Mötley Crüe, Ozzy, Slash, Freddy Mercury, Kurt Cobain, Jimmy page, etc… Succès commercial incroyable.Dernièrement, ce sont Rob Halford, KK Downing et Glen Tipton de Judas Priest qui ont fait leur entrée dans le monde du jouet de collection. Ce n'est sans doute pas terminé. Jusqu'à présent, les fabricants se sont intéressés presque uniquement aux musiciens du metal, mais jamais à la véritable icône du genre : la guitare. Jusqu'à ce qu'une boîte anglaise se lance dans la réplique exacte d'environ 25 cm de hauteur des plus fameuses 6 cordes du metal. Parmi la bonne trentaine de modèles proposés, allant de AC/DC à KISS et Led Zepellin, on trouve la fameuse Kramer Baretta d'Eddie Van Halen, les ESP de Kirk Hammet (KH-2 ou KH-3 customisé par Pushead), la Les Paul noire et blanche de Zakk Wylde ou les BC Rich de Mick Thompson (Slipknot) ou celle, en version Flying V, de Kerry King. Souci du détail, un stand pour poser la guitare est inclus. Bref, LE truc de fan ! - Disponible au catalogue Goéland.fr : ici
compilé par Frank Frejnik
Metal + manga =
Detroit Metal City, de Kiminori Wakasugi
La série Nana, dont l'intrigue se déroule dans le milieu de la musique, a été un véritable phénomène dans la sphère manga. Mais ça cause de rock, plus ou moins rock d'ailleurs, et surtout, c'est un truc de filles ! Pour les hommes, les vrais, les durs, il fallait un titre plus viril… plus metal. Avec Detroit Metal City, le metal extrême fait ainsi irruption dans la BD japonaise. Et quelle intrusion ! Sôichi Negishi est gentil garçon fraîchement débarqué de sa province natale, fan de pop niaise, qui s'est retrouvé, on ne sait trop comment, catapulté chanteur du groupe death metal Detroit Metal City. Ce paradoxe est très embarrassant pour Sôichi, timide et sensible dans la vie, puisqu'il se transforme, une fois son costume de scène et son corpse paint revêtis, en Krauser II, guitariste chanteur ultra-violent hurlant des obscénités sur un brouhaha démoniaque. Detroit Metal City est du 100 % seinen (manga destiné aux jeunes adultes) souvent grossier et scabreux (ça dérape vite lorsque le groupe donne un concert), mais c'est audacieux et finalement très drôle. (Éditions 12 Bis)
Une adaptation live du manga DMC a été réalisé en 2008.
Gene Simmons de Kiss y fait une apparition.
* * 2 * *
Metal + comics =
Black Metal, de Rick Spears et Chuck BB
Malgré son format manga, Black Metal est bel et bien un comix. Ses auteurs sont américains et le dessin évoque pleinement les comics indépendants. Voilà pour le contenant. Le contenu maintenant. Black Metal raconte l'histoire des jumeaux Shawn et Sam Strongham, incompris et rejetés dans leur école car ils s'habillent en noir et sont fans de metal extrême. Un jour qu'ils écoutent le dernier album de Frost Axe, un message caché dans la musique dévoile leur véritable destinée : ils sont les héritiers du monde souterrain des Goblins de l'Enfer. Ce premier tome mêle ainsi heroïc fantasy, jeunesse rebelle et culture heavy metal (les personnages que l'on croise au fil des cases portent des t-shirts de Mastodon, Xasthur ou Pig Destroyer) sous un trait évoquant énormément les dessins animés de la chaîne câblée Cartoon Network, c'est-à-dire schématisé à l'extrême mais ultra expressif. C'est fun, complètement fou et finement sourcé, que demander de plus ? Une édition française, pardi ! (Oni Press) - Import US
Parodie d'une pochette de Darkthrone par Chuck BB
* * 3 * *
Metal + Envoyé spécial =
Heavy Metal In Baghdad, de Eddy Moretti et Suroosh Alvi
Deux journalistes de Vice Magazine découvrent un groupe de heavy metal à Bagdad, Acrassicauda, et le filment durant plusieurs mois dans son quotidien. Choc ! On s'émeut des conditions de vie des musiciens, mais aussi de toutes les frustrations qu'ils endurent ("Porter les cheveux longs ici ? Mais je serais immédiatement arrêter !") comme celle de ne pouvoir jouer la musique qu'ils aiment quand et où ils veulent maintenant que leur pays a été "libéré". Le groupe finira par fuir l'Irak pour la Syrie, puis la Turquie. Réfugiés, loin de leur famille, sans argent et sans avenir, ils continuent néanmoins de penser à leur passion. Triste ? Un peu, oui. Mais il y a tout de même des moments de joie dans Heavy Metal in Baghdad (les concerts devant un parterre de fans locaux de metal, la session d'enregistrement), des instants banals pour nous, mais qui se révèlent d'authentiques moments de bonheur pour eux. Acrassicauda existe toujours, et grâce à la diffusion du film dans de nombreux festivals, et aujourd'hui en DVD, il bénéficie d'un soutien d'une partie de la scène metal internationale, touchée par leur intégrité et surtout leur foi en la musique metal. (Vice)
* * 4 * *
Metal + cours d'Histoire =
Swedish Death Metal, de Daniel Ekeroth
Du bel ouvrage que ce pavé (500 pages) sur l'histoire du death metal suédois : super couverture signée Nicke Andersson, richement illustré, bien organisé, bon chapitrage des infos, abécédaire des groupes et des zines, sans oublier une courte bio des principaux activistes du mouvement… Mais ce sont surtout les citations des protagonistes de l'époque qui apportent le plus de satisfaction. L'ouvrage fourmille d'anecdotes, de souvenirs et de révélations. C'est d'autant plus intéressant qu'on découvre cette scène, devenue avec le temps l'une des plus influentes du métal actuel, en plein développement : Nihilist, Entombed, Grave, Carnage, Unleashed, Merciless, Dismember, Tiamat n'en sont qu'à leurs débuts. De cette poignée de jeunes chevelus, Nicke Andersson sera le leader incontestable. C'est lui qui décidera de ce que doit être un groupe death metal (look, musique, attitude). Ce schéma de leader influençant ses camarades rappelle d'ailleurs la genèse du black metal en Norvège (cf. "Lords Of Chaos"). Swedish Death Metal est ainsi une lecture passionnante (en anglais). Certains argumenteront que c'est mal écrit, mais ça a au moment le mérite de ne pas chercher à faire de la mauvaise littérature et de se concentrer sur l'info brute. Et c'est d'autant plus facile à lire et à comprendre. (Tamara Press : www.myspace.com/tamarapress)
* * 5 * *
Metal + Galerie d'Art =
True Norvegian Black metal, de Peter Beste
Enfin, un Beau Livre sur le black metal ! Il est l'œuvre de l'Américain Peter Beste qui a passé sept ans à photographier la communauté norvégienne, chez elle, dans les rues des villes, dans la nature verte, dans des endroits reculés et enneigés, et bien sûr en concert. Ça donne des clichés sensationnels, hallucinants parfois comme ces portraits de Kvittrafn dans les rues de Bergen, ou ceux d'Abbath du groupe Immortal se promenant en forêt. Le grand format du livre permet une exposition maximale des photos de Beste. L'attirail de ces messieurs (les clous, le cuir, les armes anciennes) étincelle tellement qu'il en presque aveuglant. Sur d'autres pages, on sentirait presque la sueur des musiciens en activité, le sang des animaux égorgés, et les vapeurs d'alcool (ou de dope) qui n'est jamais bien loin. Constitué en majorité de portraits de musiciens (Darkthrone, Nattefrost, Gorgoroth, Emperor…) ou de détails de leur attirail, de clichés du public ou des lieux qu'ils fréquentent, le livre s'attarde néanmoins sur la Norvège elle-même, sa nature belle et hostile à la fois. Le livre devient ainsi un profond hommage au berceau du black metal. Plus encore avec le tableau chronologique retraçant la genèse du genre et les fac-similés des archives de Metallion, le rédacteur du fanzine Slayer Magazine (interviews de Mayhem, Emperor, Varg Vikernes ; flyers de concerts, lettres de Euronymous, et photos de l'église de Fantoft après son incendie). Un vrai livre d'histoire. (DVD Vice)
* * 6 * *
Metal + Psychanalyse
Metallica - Some Kind Of Monster, de Joe Berliner et Bruce Sinosky
Ou comment la fabrication d'un album devient une thérapie de groupe… ou plutôt la thérapie d'un groupe dont l'inspiration a fondu comme neige au soleil à force de routine. Tout dans ce documentaire est monstrueux : sa durée (2H21), les moyens mis en place (900 jours de tournage), le groupe lui-même (Metallica), l'ego de ses meneurs (Ulrich et Hetfield), le producteur Bob Rock en homme de l'ombre, sans oublier le psy engagé pour aider tout ce joli monde à sortir de la crise… Même l'édition DVD l'est (énorme), puisqu'elle propose un disque supplémentaire avec pas moins de 7 heures de bonus. Mais la grosse réussite de Some Kind Of Monster, c'est d'être toujours captivant et attractif, et ce, que vous soyez un inconditionnel de Metallica ou pas, fan de metal ou non. Car ce qui est raconté n'a finalement que très peu avoir avec le metal, il s'agit avant tout de relations humaines et de doutes existentiels. D'aucun trouveront le portrait de Metallica bien peu flatteur (le groupe apparaît souvent pathétique et déconnecté de la réalité), mais les fans y verront, eux, toute l'humanité de leurs quatre héros (cf. la présentation du doc au fan-club new-yorkais, présent dans les bonus). Et si on assiste en direct à la mort (clinique) de Metallica, sa renaissance, en fin de métrage, est une happy end étonnante. Une question demeure: qu'est devenu le psy, la révélation de ce doc, qui s'immisce dans l'intimité de Metallica ? (DVD Paramount) - Disponible au catalogue Goéland.fr : ici
* * 7 * *
Metal + Légendes urbaines
Les Seigneurs du Chaos, de Michael Moynihan et Didrik Soderlind
S'il n'y a pas besoin d'aimer Metallica pour apprécier le film Some Kind Of Monster, une connaissance approfondie de la scène black metal norvégienne n'est pas demandé pour savourer Les Seigneurs du Chaos. Ça se lit comme un polar : introduction des personnages centraux et des seconds rôles, situation de l'intrigue, ambition, rebondissements, violence, arrestations, démantèlement du réseau… Tous les ingrédients classiques du roman noir sont présents dans le livre de Michael Moynihan et Didrik Soderlind. À ceci s'ajoute, black metal oblige, une leçon d'histoire de la musique extrême, des faits d'armes extravagants motivés par une conviction politique douteuse, et une analyse plus ou moins objective du phénomène. Bon, vous devez tous connaître le contenu de Lords Of Chaos (titre original), le livre est un best seller qui fit grand bruit dans la scène metal internationale d'où une médiatisation et un succès plutôt conséquents. Mais saviez-vous qu'un documentaire, ayant pour base l'enquête du livre, était dans les tuyaux depuis 2005. Non ? Pas grave. Il y a eu du changement. Le Japonais Sion Sono prévoit d'en faire une sorte de teen movie horrifique dont le personnage central, joué par Jackson "Twillight" Rathbone, n'est autre que Varg Vikernes (aka Count Grishnackh de Burzum). Lords Of Chaos, le film, est en cours de tournage et sortira en 2010. Dingue, non ? (Editions Camion Blanc)
La pré-affiche du film inspiré du livre Lords Of Chaos !
* * 8 * *
Metal + Jeu vidéo
Earache Extreme Metal Racing
Earache Records possède un back catalogue de fou (Napalm Death, Bolt Thrower, Carcass, Entombed, Morbid Angel) sur lequel il continue de capitaliser à outrance (comment lui en vouloir quand on est assis sur pareille fortune), mais ça ne l'a jamais empêché de miser sur l'avenir, osant ainsi investir sur des groupes ou des tendances résolument avant-gardistes (Cult Of Luna pour le meilleur, la techno gabber pour le pire). Dans le même esprit de "développement durable", il s'est lancé sur des projets non musicaux. Comme le jeu vidéo Earache Extreme Metal Racing de 2006 dans lequel vous deviez faire un maximum de points en écrasant des zombies piétons au volant de pétaradantes voitures dans lesquelles l'autoradio joue à fond du Napalm Death, At The Gates, Cathedral, The Haunted, Hate Eternal, Cult Of Luna, Beecher… Le jeu, sorti sur PC et PS2, ne semble pas avoir fait beaucoup de vagues, mais l'initiative était louable et présageait une future collaboration détonante entre le jeu vidéo et le metal … qui aura finalement lieu un peu plus tard avec l'avènement des nouvelles consoles et de s titres comme Guitar Hero et Rock Band. (Earache)
* * 9 * *
Metal + collection =
Guitares miniatures
En 1997, Todd McFarlane, dessinateur de comics US (Spawn, Spiderman) décide de sortir des jouets Kiss. Gros succès. Mieux, ce fut une révolution dans le monde du merchandising !S'en suivirent d'autres modèles de Kiss, puis des figurines de Rob Zombie, Metallica, Angus Young, Mötley Crüe, Ozzy, Slash, Freddy Mercury, Kurt Cobain, Jimmy page, etc… Succès commercial incroyable.Dernièrement, ce sont Rob Halford, KK Downing et Glen Tipton de Judas Priest qui ont fait leur entrée dans le monde du jouet de collection. Ce n'est sans doute pas terminé. Jusqu'à présent, les fabricants se sont intéressés presque uniquement aux musiciens du metal, mais jamais à la véritable icône du genre : la guitare. Jusqu'à ce qu'une boîte anglaise se lance dans la réplique exacte d'environ 25 cm de hauteur des plus fameuses 6 cordes du metal. Parmi la bonne trentaine de modèles proposés, allant de AC/DC à KISS et Led Zepellin, on trouve la fameuse Kramer Baretta d'Eddie Van Halen, les ESP de Kirk Hammet (KH-2 ou KH-3 customisé par Pushead), la Les Paul noire et blanche de Zakk Wylde ou les BC Rich de Mick Thompson (Slipknot) ou celle, en version Flying V, de Kerry King. Souci du détail, un stand pour poser la guitare est inclus. Bref, LE truc de fan ! - Disponible au catalogue Goéland.fr : ici
compilé par Frank Frejnik








