Rappel des faits : on est au milieu des années 70, le rock’n’roll vient tout juste de fêter ses 20 piges et il en a déjà pris un sacré coup dans l’aile ! Après l’hécatombe des héros de la fin des sixties (Brian Jones, Janis Joplin, Jimi Hendrix et Jim Morisson) qui sonne le glas de la fête, le rock se meurt et engraisse (à l’image du roi Elvis) à force de trop se regarder le nombril…
Englués dans les solos interminables (Jimmy Page), les opéras rock (The Who) et la virtuosité du rock progressif (Genesis, Pink Floyd), les rock stars ont fini par recréer une élite bourgeoise identique à celle qu’ils dénonçaient dix ans auparavant. Le verre de champagne à la main et le nez dans la schnouf, ils sont désormais complètement déconnectés de la jeunesse de la rue. Heureusement, une bande de branleurs (d’abord à New-York, puis à Londres, et ensuite dans le monde entier) influencés par les Stooges, le MC5 et les New York Dolls, va mettre un énorme bon coup de Doc dans la fourmilière, ainsi qu’une sacrée mornifle aux petites mauvaises odeurs du rock business. Armés de guitares désaccordées et de seulement trois accords plus ou moins bien joués, ils réussiront en moins de trois ans à faire revivre l’authenticité, l’urgence et l’immédiateté du rock’n’ roll originel !
Sélection des disques punk importants parus entre 1976 et 1978 (le cas de la scène française fera l’objet d’un dossier spécial).
Punk’s Not Dead !
Dossier réalisé par Stef, Rouf Lakett, Boris The Spider & Frank Frejnik
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BUZZCOCKS "Another Music In A Different Kitchen" (1978)
C’est après avoir organisé un concert des Sex Pistols dans leur ville de Manchester en 1976 que Pete Shelley (guitariste) et Howard Devoto (chanteur) décident de se coller à l’ouvrage en fondant leur propre groupe. Rejoints par Steve Diggle (bassiste) et John Maher (batteur), ils vont rapidement enregistrer le EP "Spiral Scratch" que l’histoire retiendra comme le premier disque autoproduit de la scène punk anglaise. Devoto quittant le groupe juste avant l’enregistrement de ce premier album, Shelley passe au chant et s’affirme comme le capitaine de ce vaisseau qui s’apprête à dévaler les artères de la scène punk anglaise en roue libre. Another Music… est une merveille d’énergie, d’électricité et de mélodies imparables. "Fast Cars", "No Reply" ou "I Don’t Mind" sont une part de cette avalanche de morceaux courts et rentre-dedans qui rendront le style Buzzcocks reconnaissable entre tous. Leur potion magique est élaborée à partir du mélange subtile de l’essence de la pop musique anglaise des 60’s et de cette toute fraîche saveur de la fin des 70’s. Finalement, le punk rock, c’est peut-être tout simplement ça ! — Boris The Spider

The Clash "The Clash" (1977)
Il en va de même pour toutes les révolutions : une fois que les têtes couronnées sont tombées et qu’on a fait table rase du passé, il faut reconstruire sur de nouvelles bases. Pour ce qui est de la première étape, la bombe nihiliste des Pistols a fait son office : plus rien ne serait jamais comme avant au royaume du rock‘n’roll. Le Clash n’avait donc plus qu’à prendre les rênes pour redéfinir le genre. Et c’est sur un punk rock énergique, violent et nerveux, inspiré par le pub rock, que Joe Strummer et Mick Jones décrivent l’Angleterre pré thatchérienne et son corollaire de misère : crise identitaire ("What’s My Name"), avenir bouché et petit boulot ("Carrer Opportunities") dénonciation de l’impérialisme américain ("I’m So Bored With The U.S.A."), appel à la révolte ("White Riot"), tous les maux qui hantent la jeunesse d'alors sont décrits à coup de refrains, qui sonnent comme autant d’hymnes, donnant ainsi au punk naissant la conscience politique et sociale qui lui manquait. C’est également sur cet album que l’on trouve leur version du classique reggae "Police & Thieves", précurseur de la fusion des genres que le Clash n’aura de cesse de défendre tout au long de leur carrière. — Stef

Crass "The Feeding Of The 5000" (1978)
Les Pistols prônaient l'anarchie, le Clash une "révolte blanche", Stiff Little Fingers dénonçait la guerre, mais tous sincères qu'ils étaient, ces groupes n'affichaient finalement d'un engagement de façade. Le premier groupe véritablement politique, anarchiste, communautaire et autogéré fût Crass. Avant lui, les slogans véhiculés par les groupes, malgré leur intangible soif de changement, n'étaient finalement que des textes de chanson. Avec Crass, le punk sera de nouveau dangereux, subversif, critique, audacieux musicalement, et désireux de prendre enfin ses désirs pour des réalités sans l'aide d'un manager ou d'une major. Car si The Feeding Of The 5000, premier album du groupe (ou plutôt du collectif, tant Crass englobe à la fois tous les médias) est le fondement de l'anarchopunk (et du crust à venir), c'est aussi l'étendard du Do It Yourself consommé. Morceaux de choix : "Punk Is Dead", "Do They Owe Us A Living?", "Women", "They’ve Got A Bomb" et "So What". Un must — Frank Frejnik

The Damned "Damned Damned Damned" (1977)
Les premiers de la vague punk anglaise à enregistrer un 45 tours (chez Stiff Records), puis cet album avant tous les autres (Sex Pistols, Clash…). Le fameux single "New Rose" qui allait inspirer tous les groupes de hardcore et de punk speed à venir. Si les Pistols sonnaient plus punk rock basique, les Damned avec ce premier album faisaient figure de sauvages. Faut dire que ça jouait sévèrement vite : un batteur fou (genre le p’tit frère de Keith Moon des Who), une gratte et une basse au taquet avec des solos d’une extrême violence, un chant furax, mais mélodique. Ces douze morceaux (dont une reprise dantesque des Stooges) allaient donner le coup d’envoi de la "dé"charge punk. L’incroyable sensation de bordel organisé avec dérapages constants, sur le fil du rasoir en permanence, mais complètement maîtrisés, fait de cet album un grand… Que dis-je… un GRAND disque punk dont peu de groupes atteindront l’intensité. Merci les Damned ! - Rouf Lakett

The Germs "(GI)" (1979)
Pour beaucoup, le berceau du punk se situe à New York. Ce fait n'est pas à contester. Mais il convient de ne pas oublier, ou en tout cas de ne pas minimiser, l'explosion punk de la côte ouest (San Francisco, Los Angeles, Seattle) qui, dès 1976, offrait des groupes musicalement très proches de leurs cousins grands britons. Des noms ? The Avengers, The Weirdos, X, The Dils, et bien sûr The Germs dont ce disque est l'unique trace (le chanteur Darby Crash se donnera la mort en 1980). Avec ses morceaux courts et simples ("Media Blitz", "Communist Eyes", "Me Must Bleed"), des textes névrosés et le chant offensif de Darby Crash, sans oublier un jeu qui ne l'est pas moins, offensif (Pat Smear, futur Nirvana et Foo Fighters n'avait pas encore son doigté exceptionnel), (GI) est empreint d'une folie furieuse et d'un pessimisme démesuré. Une véritable giclée violente et nihiliste de laquelle naîtra, quelques mois plus tard, le hardcore américain. - Frank Frejnik

The Heartbreakers "L.A.M.F." (1977)
Formé dès 1975 autour du binôme Johnny Thunders/Jerry Nolan, rescapés de l’épopée New York Dolls, The Heartbreakers sont certainement le groupe le plus doué de la scène new-yorkaise et de sa génération. Après avoir été invité par Malcolm Mc Laren à participer à l’Anarchy Tour, Johnny, Jerry, Billy Rath et Walter Lure sortent un premier simple "Chinese Rocks/ Born To Lose" sur Track Records en 1977. Ces deux hymnes à la cause des loosers de tous poils déroulent le tapis rouge à L.A.M.F. (Like A Mother Fucker), chef d’oeuvre sublime et ultime de Rock’n’Roll. Si les Heartbreakers sont précédés d’une réputation d’indécrottables junkies, ils n’en demeurent pas moins d’admirables musiciens qui donnent naissance à cet album devenu mythique et, qui bien que doté d’un mix plus que passable, rendra envieux la plupart de leurs contemporains anglais de l’époque. "Baby Talk", "I Wanna Be Loved", "Get Off The Phone", "One Track Mind", "Pirate Love", "One Track Mind" et l’ensemble des quatorze titres sont définitivement entrés dans la légende. Johhnny Thunders et Jerry Nolan nous ont quittés depuis. Peut-être étaient-ils juste nés pour perdre... — Boris The Spider

The Jam “In The City” (1977)
Le trio londonien et son premier album sont des cas à part dans l’explosion de 1977 : considéré à juste titre comme les instigateurs du “mod revival” de la fin des 70’s, ils n’en demeurent pas moins punk sur le fond et dans la forme. En effet, si Paul Weller et ses collègues n’ont jamais renié leur amour pour le rock’n’roll de Chuck Berry et Little Richard (sur lequel ils se sont fait les dents dès 1972) et la soul des labels Stax et Motown, ils ont également hérité de la hargne des Sex Pistols qu’ils admirent. Ainsi que de l’urgence et de la concision des premiers singles des Who et de Dr Feelgood, le jeu de guitare de Paul Weller n’étant pas sans rappeler celui de leurs guitaristes respectifs, Pete Townsend et Wilko Johnson. Au travers de ses textes, qui sont autant de chroniques sociales que politiques, Paul Weller (à l’instar de Ken Loach pour le cinéma) a également su traduire la détresse de la jeunesse anglaise et a décrit comme nul autre le quotidien de la classe ouvrière anglaise. The Jam a depuis été érigé au rang de monument national (aux côtés de leurs idoles, Beatles et Kinks), leur influence n’ayant jamais cessé de nourrir le rock anglais (Oasis et Blur en tête). - Stef

PIL "First Issue" (1978)
Après la déconfiture Pistolienne, Johnny Rotten aka John Lydon s’investit dans un nouveau projet : PIL (Public Image Limited). Et là c’est du sérieux ! Là où les Sex Pistols prêtaient à rire avec leur rock’n’roll grandguignolesque, PIL effraye avec sa musique ténébreuse. Quand les Pistols s’essayaient au recyclage, non sans brio, de fondamentaux déjà posés plus de dix ans avant par les groupes mods, PIL s’aventure dans des contrées artistiques inexplorées, à l’avant-garde du punk. Après la sortie du premier simple "Public Image" qui finalement ne s’éloignait pas tant que cela de l’univers déjà codifié par le punk rock, ce premier album fait la part belle à une déflagration sonore apocalyptique. L’énorme basse de Jah Wobble, la guitare tranchante de Keith Levine, la batterie hypnotique de Jim Walker et le chant incantatoire d’un Lydon sous tension extrême donneront leur toute puissance de feu à des titres tels que "Theme", "Religion", "Low Life" ou"Attack". On a maintes fois tenté de labelliser cet album et la musique de PIL : After Punk, Post Punk, Cold Wave ou je ne sais quel Cold Punk… Ce qui est sûr, c’est que ce disque marque définitivement l’avènement d’un son novateur. — Boris The Spider

Ramones "Ramones" (1976)
Où comment quatre cas sociaux du Queens, ayant grandis au son des Beatles et des productions de Phil Spector, quittent leur cage d’escalier pour réinventer le Rock ‘n’ Roll ! C’est après avoir vu les New York Dolls et les Stooges que les quatre bad boys décident de tuer leur ennui en montant un groupe, convaincus qu’on peut faire de la bonne musique sans être virtuose. On est en 1974, les Ramones (d’après le pseudonyme qu’utilisait McCartney, Paul Ramon) sont nés ! Après avoir rapidement fait leurs armes au CBGB , ils enregistrent leur premier album en trois jours : le son est crado, la technique plus que rudimentaire et pourtant tout est là : le mur de guitare, les mélodies imparables et l'énergie dévastatrice : "Blitzkrieg Bop", "Beat On The Brat", "53 rd & 3rd", etc. Au total, 14 titres et autant de futurs classiques qui ne dépassent jamais les 2'40 ! L’essence même du punk rock ! Ironie de l’histoire, bien qu’ils aient influencé aussi bien les Clash, Pistols et Damned (tous présents à leur premier concert londonien en juillet 1976) et des centaines d’autres groupes dans les décennies suivantes, les frères Dalton du punk ne connaîtront la gloire qu’à titre posthume… Hey Ho let’s Go ! – Stef

The Ruts "The Crack" (1979)
Finalement, il n'y a pas tant de groupes que ça qui ont osé croiser leur punk avec le reggae : The Clash, bien sûr, Stiff Little Fingers, The Slits, Basement 5, Police, The Members et The Ruts. Ce dernier mérite sans doute la palme du meilleur représentant de "reggae blanc" de cette fin de décennie 70. Paul Fox, Dave Ruffy, John Jennings et Malcolm Owen sont parvenus à synthétiser la rudesse du rock et le groove du reggae dans un mix où les deux matrices musicales conservaient leur profonde substance. Tout le monde connaît "Jah War" et "Babylon's Burning" (non ?), deux titres emblèmes des Ruts, mais le reste des morceaux de The Crack est loin d'être du remplissage. Qu'il s'agisse de punk rock corrosif ("Dope for Guns", "Criminal Mind"), de morceaux plus subtils ("Something That I Said", "Savage Circle") ou de titres hybrides ("I Was Cold", "S.U.S."), le groupe fait preuve d'une ouverture d'esprit et d'une approche toujours bluffantes. Respect ! - Frank Frejnik

The Saints "(I'm) Stranded" (1977)
Le disque australien le plus important jamais enregistré. C'est pas moi qui le dit, mais Nick Cave qui, en matière de culture aussie, s'y connaît un peu puisqu'il est australien. (I'm) Stranded est aussi considéré comme le premier album punk rock sorti dans les bacs, en 1977, alors que tous les autres groupes, anglais ou pas, n'en sont, à ce moment là, qu'à sortir des singles. Mais sa présence ici n'est nullement dûe aux goûts de Nick Cave ou de sa pole position, mais bien parce qu'il est un disque exceptionnel, énergique, vif, diligent et d'une remarquable tenue. Il faut dire que les Saints ne sont ni des débutants (le groupe a démarré en 1974 dans la scène garage locale), ni des amateurs (Ed Kueper est un guitariste de génie, Chris Bailey un fin mélodiste). Ça pulse du tonnerre avec "(I'm) Stranded", "Erotic Neuotic" ou "Demolition Girl", même lorsque le tempo est plus pub rock ("Messin' With The Kid", "Kissin' Cousins"). Bref, si on vous a dit que le punk était anglais… on vous a mal renseigné ! - Frank Frejnik

Sex Pistols "Never Mind The Bollocks" (1977)
Si le punk fait déjà des vagues du côté des USA à la mi-70, le ravage, l’apocalypse, le tsunami viendra des prolos de Londres et de sa périphérie. Un groupe traumatisera le pays en seulement un single, "Anarchy In The UK", fin 76. Ces branleurs ont un nom : Sex Pistols, (Steve Jones, John Lydon, Glen Matlock et Paul Cook). Trois ans d’existence (1975 - 1978), un seul mais indispensable album, le fameux Never Mind The Bollocks - Here’s The Sex Pistols, douze morceaux et 40 minutes qui allaient changer la face du monde, et faire flipper les hautes instances. Ces brûlots punk rock sont un cri de rage aux compos "coup de boule dans la tronche" avec un son bien gras et des textes nihilistes, mais o combien véridiques en cette période de vaches maigres (récession, chômage de masse, système politique ultra-libéral…). Johny Rotten, fin parolier au ton cynique, vomit littéralement ses textes sur la reine d’Angleterre et son système monarchiste, prônant l’anarchie, le do it yourself, l’appel à l’émeute. Un des plus grands disque de l’histoire du rock. - Rouf Lakett

SHam 69 "Tell Us The Truth" (1978)
“If you're proud to be a cockney, clap your hands”. C’est avec ses mots que s’ouvre ce debut album du gang d’Hersham (Surrey) et que s’engagent les hostilités avec une face live composée d’extraits de différents concerts enregistrés au Marquee et au Vortex. On en a des frissons à entendre ces centaines de gueules reprendre en chœurs les refrains de ces brûlots incandescents que sont "Rip Off", "Ulster", ou "Borstal Breakout". Et on touche là au point névralgique de l’histoire car à l’instar de groupes tels que Slaughter & The Dogs ou Menace, Jimmy Pursey et ses comparses éviteront au punk rock de s’enliser dans une branchitude pour élèves d’école d’art et le porteront de manière définitive au rang d’art de rue. La deuxième face studio laisse le passage à une déferlante de tires devenus anthologiques : "Family Life", "Hey Little rich Boy", "I’m A man, I ‘m A Boy", "Tell Us The Truth"… Le groupe se sabordera en 1980, trois albums plus tard, après notamment "un débordement par la droite" de la frange la plus turbulente de son public. — Boris The Spider

Stiff Little Fingers “Inflammable Material” (1979)
Découvert par John Peel qui les imposa sur l’antenne de la BBC (et réussit à faire sortir ce premier album dans tout le Royaume-Uni), Stiff Little Fingers est souvent considéré comme le Clash de Belfast ! Oui, mais pas seulement… S’il partage avec ses homologues anglais le goût pour un punk-rock sauvage, hargneux et mélodique, il a la particularité d’être irlandais ! Et en 1979, c’est loin d’être une sinécure. Au chômage, à l’ennui et à l’incompréhension que subit la jeunesse d’Albion s’ajoute, pour eux, le fait de vivre dans un pays où règne une guerre civile particulièrement sanglante. C’est toute la colère et la frustration de cette jeunesse irlandaise qui ne veut plus subir la misère du quotidien et ce conflit fratricide que l’on perçoit dans l’inimitable braillement de Jack Burns. On notera également au milieu des hymnes punks que sont “Suspect Device”, “Wasted Life” ou “Alternative Ulster”, la reprise au vitriol du “Johnny Was” de Bob Marley qui fait de Stiff Little Fingers (à l’instar du Clash et des Ruts) les pionniers de la fusion Punky Reggae. - Stef.

X-RAY SPEX "Germ free Adolescents" (1978)
X-Ray Spex, comme pas mal de formations punk de l'après 77, monte le groupe après avoir vu les Pistols lors d’un concert chaotique. Le band joue un punk rock sec, tendu, énergique, popisant par moments, avec néanmoins une grosse particularité qui le différencie de ses confrères : la chanteuse Poly Styrene, une métisse qui n’en a rien à carrer de la séduction (un coté riot grrrls avant l'heure), et sa voix haut perchée, très stridente. Sans oublier une saxophoniste très présente tout au long des morceaux et faisant même parfois office de lead. Derrière, bassiste, guitariste et batteur (fans des descentes de toms) assurent une rythmique syncopée. Cinq singles — dont le classique "Oh Bondage, Up Yours" (1977), le temps de virer Lora Logic (la sax) pour la remplacer avant ce très bon premier album de 1978 (le groupe splittera en 1979). Plus tard, Poly Styrene et Lora Logic entreront dans les ordres de Hare Krishna (sic !), un comble pour des punk rockers ! - Rouf Lakett
Retrouvez certains albums de cette sélection punk rock,
ainsi que les t-shirts des groupes, sur le site
www.goeland.fr
Englués dans les solos interminables (Jimmy Page), les opéras rock (The Who) et la virtuosité du rock progressif (Genesis, Pink Floyd), les rock stars ont fini par recréer une élite bourgeoise identique à celle qu’ils dénonçaient dix ans auparavant. Le verre de champagne à la main et le nez dans la schnouf, ils sont désormais complètement déconnectés de la jeunesse de la rue. Heureusement, une bande de branleurs (d’abord à New-York, puis à Londres, et ensuite dans le monde entier) influencés par les Stooges, le MC5 et les New York Dolls, va mettre un énorme bon coup de Doc dans la fourmilière, ainsi qu’une sacrée mornifle aux petites mauvaises odeurs du rock business. Armés de guitares désaccordées et de seulement trois accords plus ou moins bien joués, ils réussiront en moins de trois ans à faire revivre l’authenticité, l’urgence et l’immédiateté du rock’n’ roll originel !
Sélection des disques punk importants parus entre 1976 et 1978 (le cas de la scène française fera l’objet d’un dossier spécial).
Punk’s Not Dead !
Dossier réalisé par Stef, Rouf Lakett, Boris The Spider & Frank Frejnik
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BUZZCOCKS "Another Music In A Different Kitchen" (1978)
C’est après avoir organisé un concert des Sex Pistols dans leur ville de Manchester en 1976 que Pete Shelley (guitariste) et Howard Devoto (chanteur) décident de se coller à l’ouvrage en fondant leur propre groupe. Rejoints par Steve Diggle (bassiste) et John Maher (batteur), ils vont rapidement enregistrer le EP "Spiral Scratch" que l’histoire retiendra comme le premier disque autoproduit de la scène punk anglaise. Devoto quittant le groupe juste avant l’enregistrement de ce premier album, Shelley passe au chant et s’affirme comme le capitaine de ce vaisseau qui s’apprête à dévaler les artères de la scène punk anglaise en roue libre. Another Music… est une merveille d’énergie, d’électricité et de mélodies imparables. "Fast Cars", "No Reply" ou "I Don’t Mind" sont une part de cette avalanche de morceaux courts et rentre-dedans qui rendront le style Buzzcocks reconnaissable entre tous. Leur potion magique est élaborée à partir du mélange subtile de l’essence de la pop musique anglaise des 60’s et de cette toute fraîche saveur de la fin des 70’s. Finalement, le punk rock, c’est peut-être tout simplement ça ! — Boris The Spider
The Clash "The Clash" (1977)
Il en va de même pour toutes les révolutions : une fois que les têtes couronnées sont tombées et qu’on a fait table rase du passé, il faut reconstruire sur de nouvelles bases. Pour ce qui est de la première étape, la bombe nihiliste des Pistols a fait son office : plus rien ne serait jamais comme avant au royaume du rock‘n’roll. Le Clash n’avait donc plus qu’à prendre les rênes pour redéfinir le genre. Et c’est sur un punk rock énergique, violent et nerveux, inspiré par le pub rock, que Joe Strummer et Mick Jones décrivent l’Angleterre pré thatchérienne et son corollaire de misère : crise identitaire ("What’s My Name"), avenir bouché et petit boulot ("Carrer Opportunities") dénonciation de l’impérialisme américain ("I’m So Bored With The U.S.A."), appel à la révolte ("White Riot"), tous les maux qui hantent la jeunesse d'alors sont décrits à coup de refrains, qui sonnent comme autant d’hymnes, donnant ainsi au punk naissant la conscience politique et sociale qui lui manquait. C’est également sur cet album que l’on trouve leur version du classique reggae "Police & Thieves", précurseur de la fusion des genres que le Clash n’aura de cesse de défendre tout au long de leur carrière. — Stef
Crass "The Feeding Of The 5000" (1978)
Les Pistols prônaient l'anarchie, le Clash une "révolte blanche", Stiff Little Fingers dénonçait la guerre, mais tous sincères qu'ils étaient, ces groupes n'affichaient finalement d'un engagement de façade. Le premier groupe véritablement politique, anarchiste, communautaire et autogéré fût Crass. Avant lui, les slogans véhiculés par les groupes, malgré leur intangible soif de changement, n'étaient finalement que des textes de chanson. Avec Crass, le punk sera de nouveau dangereux, subversif, critique, audacieux musicalement, et désireux de prendre enfin ses désirs pour des réalités sans l'aide d'un manager ou d'une major. Car si The Feeding Of The 5000, premier album du groupe (ou plutôt du collectif, tant Crass englobe à la fois tous les médias) est le fondement de l'anarchopunk (et du crust à venir), c'est aussi l'étendard du Do It Yourself consommé. Morceaux de choix : "Punk Is Dead", "Do They Owe Us A Living?", "Women", "They’ve Got A Bomb" et "So What". Un must — Frank Frejnik
The Damned "Damned Damned Damned" (1977)
Les premiers de la vague punk anglaise à enregistrer un 45 tours (chez Stiff Records), puis cet album avant tous les autres (Sex Pistols, Clash…). Le fameux single "New Rose" qui allait inspirer tous les groupes de hardcore et de punk speed à venir. Si les Pistols sonnaient plus punk rock basique, les Damned avec ce premier album faisaient figure de sauvages. Faut dire que ça jouait sévèrement vite : un batteur fou (genre le p’tit frère de Keith Moon des Who), une gratte et une basse au taquet avec des solos d’une extrême violence, un chant furax, mais mélodique. Ces douze morceaux (dont une reprise dantesque des Stooges) allaient donner le coup d’envoi de la "dé"charge punk. L’incroyable sensation de bordel organisé avec dérapages constants, sur le fil du rasoir en permanence, mais complètement maîtrisés, fait de cet album un grand… Que dis-je… un GRAND disque punk dont peu de groupes atteindront l’intensité. Merci les Damned ! - Rouf Lakett
The Germs "(GI)" (1979)
Pour beaucoup, le berceau du punk se situe à New York. Ce fait n'est pas à contester. Mais il convient de ne pas oublier, ou en tout cas de ne pas minimiser, l'explosion punk de la côte ouest (San Francisco, Los Angeles, Seattle) qui, dès 1976, offrait des groupes musicalement très proches de leurs cousins grands britons. Des noms ? The Avengers, The Weirdos, X, The Dils, et bien sûr The Germs dont ce disque est l'unique trace (le chanteur Darby Crash se donnera la mort en 1980). Avec ses morceaux courts et simples ("Media Blitz", "Communist Eyes", "Me Must Bleed"), des textes névrosés et le chant offensif de Darby Crash, sans oublier un jeu qui ne l'est pas moins, offensif (Pat Smear, futur Nirvana et Foo Fighters n'avait pas encore son doigté exceptionnel), (GI) est empreint d'une folie furieuse et d'un pessimisme démesuré. Une véritable giclée violente et nihiliste de laquelle naîtra, quelques mois plus tard, le hardcore américain. - Frank Frejnik
The Heartbreakers "L.A.M.F." (1977)
Formé dès 1975 autour du binôme Johnny Thunders/Jerry Nolan, rescapés de l’épopée New York Dolls, The Heartbreakers sont certainement le groupe le plus doué de la scène new-yorkaise et de sa génération. Après avoir été invité par Malcolm Mc Laren à participer à l’Anarchy Tour, Johnny, Jerry, Billy Rath et Walter Lure sortent un premier simple "Chinese Rocks/ Born To Lose" sur Track Records en 1977. Ces deux hymnes à la cause des loosers de tous poils déroulent le tapis rouge à L.A.M.F. (Like A Mother Fucker), chef d’oeuvre sublime et ultime de Rock’n’Roll. Si les Heartbreakers sont précédés d’une réputation d’indécrottables junkies, ils n’en demeurent pas moins d’admirables musiciens qui donnent naissance à cet album devenu mythique et, qui bien que doté d’un mix plus que passable, rendra envieux la plupart de leurs contemporains anglais de l’époque. "Baby Talk", "I Wanna Be Loved", "Get Off The Phone", "One Track Mind", "Pirate Love", "One Track Mind" et l’ensemble des quatorze titres sont définitivement entrés dans la légende. Johhnny Thunders et Jerry Nolan nous ont quittés depuis. Peut-être étaient-ils juste nés pour perdre... — Boris The Spider
The Jam “In The City” (1977)
Le trio londonien et son premier album sont des cas à part dans l’explosion de 1977 : considéré à juste titre comme les instigateurs du “mod revival” de la fin des 70’s, ils n’en demeurent pas moins punk sur le fond et dans la forme. En effet, si Paul Weller et ses collègues n’ont jamais renié leur amour pour le rock’n’roll de Chuck Berry et Little Richard (sur lequel ils se sont fait les dents dès 1972) et la soul des labels Stax et Motown, ils ont également hérité de la hargne des Sex Pistols qu’ils admirent. Ainsi que de l’urgence et de la concision des premiers singles des Who et de Dr Feelgood, le jeu de guitare de Paul Weller n’étant pas sans rappeler celui de leurs guitaristes respectifs, Pete Townsend et Wilko Johnson. Au travers de ses textes, qui sont autant de chroniques sociales que politiques, Paul Weller (à l’instar de Ken Loach pour le cinéma) a également su traduire la détresse de la jeunesse anglaise et a décrit comme nul autre le quotidien de la classe ouvrière anglaise. The Jam a depuis été érigé au rang de monument national (aux côtés de leurs idoles, Beatles et Kinks), leur influence n’ayant jamais cessé de nourrir le rock anglais (Oasis et Blur en tête). - Stef
PIL "First Issue" (1978)
Après la déconfiture Pistolienne, Johnny Rotten aka John Lydon s’investit dans un nouveau projet : PIL (Public Image Limited). Et là c’est du sérieux ! Là où les Sex Pistols prêtaient à rire avec leur rock’n’roll grandguignolesque, PIL effraye avec sa musique ténébreuse. Quand les Pistols s’essayaient au recyclage, non sans brio, de fondamentaux déjà posés plus de dix ans avant par les groupes mods, PIL s’aventure dans des contrées artistiques inexplorées, à l’avant-garde du punk. Après la sortie du premier simple "Public Image" qui finalement ne s’éloignait pas tant que cela de l’univers déjà codifié par le punk rock, ce premier album fait la part belle à une déflagration sonore apocalyptique. L’énorme basse de Jah Wobble, la guitare tranchante de Keith Levine, la batterie hypnotique de Jim Walker et le chant incantatoire d’un Lydon sous tension extrême donneront leur toute puissance de feu à des titres tels que "Theme", "Religion", "Low Life" ou"Attack". On a maintes fois tenté de labelliser cet album et la musique de PIL : After Punk, Post Punk, Cold Wave ou je ne sais quel Cold Punk… Ce qui est sûr, c’est que ce disque marque définitivement l’avènement d’un son novateur. — Boris The Spider
Ramones "Ramones" (1976)
Où comment quatre cas sociaux du Queens, ayant grandis au son des Beatles et des productions de Phil Spector, quittent leur cage d’escalier pour réinventer le Rock ‘n’ Roll ! C’est après avoir vu les New York Dolls et les Stooges que les quatre bad boys décident de tuer leur ennui en montant un groupe, convaincus qu’on peut faire de la bonne musique sans être virtuose. On est en 1974, les Ramones (d’après le pseudonyme qu’utilisait McCartney, Paul Ramon) sont nés ! Après avoir rapidement fait leurs armes au CBGB , ils enregistrent leur premier album en trois jours : le son est crado, la technique plus que rudimentaire et pourtant tout est là : le mur de guitare, les mélodies imparables et l'énergie dévastatrice : "Blitzkrieg Bop", "Beat On The Brat", "53 rd & 3rd", etc. Au total, 14 titres et autant de futurs classiques qui ne dépassent jamais les 2'40 ! L’essence même du punk rock ! Ironie de l’histoire, bien qu’ils aient influencé aussi bien les Clash, Pistols et Damned (tous présents à leur premier concert londonien en juillet 1976) et des centaines d’autres groupes dans les décennies suivantes, les frères Dalton du punk ne connaîtront la gloire qu’à titre posthume… Hey Ho let’s Go ! – Stef
The Ruts "The Crack" (1979)
Finalement, il n'y a pas tant de groupes que ça qui ont osé croiser leur punk avec le reggae : The Clash, bien sûr, Stiff Little Fingers, The Slits, Basement 5, Police, The Members et The Ruts. Ce dernier mérite sans doute la palme du meilleur représentant de "reggae blanc" de cette fin de décennie 70. Paul Fox, Dave Ruffy, John Jennings et Malcolm Owen sont parvenus à synthétiser la rudesse du rock et le groove du reggae dans un mix où les deux matrices musicales conservaient leur profonde substance. Tout le monde connaît "Jah War" et "Babylon's Burning" (non ?), deux titres emblèmes des Ruts, mais le reste des morceaux de The Crack est loin d'être du remplissage. Qu'il s'agisse de punk rock corrosif ("Dope for Guns", "Criminal Mind"), de morceaux plus subtils ("Something That I Said", "Savage Circle") ou de titres hybrides ("I Was Cold", "S.U.S."), le groupe fait preuve d'une ouverture d'esprit et d'une approche toujours bluffantes. Respect ! - Frank Frejnik
The Saints "(I'm) Stranded" (1977)
Le disque australien le plus important jamais enregistré. C'est pas moi qui le dit, mais Nick Cave qui, en matière de culture aussie, s'y connaît un peu puisqu'il est australien. (I'm) Stranded est aussi considéré comme le premier album punk rock sorti dans les bacs, en 1977, alors que tous les autres groupes, anglais ou pas, n'en sont, à ce moment là, qu'à sortir des singles. Mais sa présence ici n'est nullement dûe aux goûts de Nick Cave ou de sa pole position, mais bien parce qu'il est un disque exceptionnel, énergique, vif, diligent et d'une remarquable tenue. Il faut dire que les Saints ne sont ni des débutants (le groupe a démarré en 1974 dans la scène garage locale), ni des amateurs (Ed Kueper est un guitariste de génie, Chris Bailey un fin mélodiste). Ça pulse du tonnerre avec "(I'm) Stranded", "Erotic Neuotic" ou "Demolition Girl", même lorsque le tempo est plus pub rock ("Messin' With The Kid", "Kissin' Cousins"). Bref, si on vous a dit que le punk était anglais… on vous a mal renseigné ! - Frank Frejnik
Sex Pistols "Never Mind The Bollocks" (1977)
Si le punk fait déjà des vagues du côté des USA à la mi-70, le ravage, l’apocalypse, le tsunami viendra des prolos de Londres et de sa périphérie. Un groupe traumatisera le pays en seulement un single, "Anarchy In The UK", fin 76. Ces branleurs ont un nom : Sex Pistols, (Steve Jones, John Lydon, Glen Matlock et Paul Cook). Trois ans d’existence (1975 - 1978), un seul mais indispensable album, le fameux Never Mind The Bollocks - Here’s The Sex Pistols, douze morceaux et 40 minutes qui allaient changer la face du monde, et faire flipper les hautes instances. Ces brûlots punk rock sont un cri de rage aux compos "coup de boule dans la tronche" avec un son bien gras et des textes nihilistes, mais o combien véridiques en cette période de vaches maigres (récession, chômage de masse, système politique ultra-libéral…). Johny Rotten, fin parolier au ton cynique, vomit littéralement ses textes sur la reine d’Angleterre et son système monarchiste, prônant l’anarchie, le do it yourself, l’appel à l’émeute. Un des plus grands disque de l’histoire du rock. - Rouf Lakett
SHam 69 "Tell Us The Truth" (1978)
“If you're proud to be a cockney, clap your hands”. C’est avec ses mots que s’ouvre ce debut album du gang d’Hersham (Surrey) et que s’engagent les hostilités avec une face live composée d’extraits de différents concerts enregistrés au Marquee et au Vortex. On en a des frissons à entendre ces centaines de gueules reprendre en chœurs les refrains de ces brûlots incandescents que sont "Rip Off", "Ulster", ou "Borstal Breakout". Et on touche là au point névralgique de l’histoire car à l’instar de groupes tels que Slaughter & The Dogs ou Menace, Jimmy Pursey et ses comparses éviteront au punk rock de s’enliser dans une branchitude pour élèves d’école d’art et le porteront de manière définitive au rang d’art de rue. La deuxième face studio laisse le passage à une déferlante de tires devenus anthologiques : "Family Life", "Hey Little rich Boy", "I’m A man, I ‘m A Boy", "Tell Us The Truth"… Le groupe se sabordera en 1980, trois albums plus tard, après notamment "un débordement par la droite" de la frange la plus turbulente de son public. — Boris The Spider
Stiff Little Fingers “Inflammable Material” (1979)
Découvert par John Peel qui les imposa sur l’antenne de la BBC (et réussit à faire sortir ce premier album dans tout le Royaume-Uni), Stiff Little Fingers est souvent considéré comme le Clash de Belfast ! Oui, mais pas seulement… S’il partage avec ses homologues anglais le goût pour un punk-rock sauvage, hargneux et mélodique, il a la particularité d’être irlandais ! Et en 1979, c’est loin d’être une sinécure. Au chômage, à l’ennui et à l’incompréhension que subit la jeunesse d’Albion s’ajoute, pour eux, le fait de vivre dans un pays où règne une guerre civile particulièrement sanglante. C’est toute la colère et la frustration de cette jeunesse irlandaise qui ne veut plus subir la misère du quotidien et ce conflit fratricide que l’on perçoit dans l’inimitable braillement de Jack Burns. On notera également au milieu des hymnes punks que sont “Suspect Device”, “Wasted Life” ou “Alternative Ulster”, la reprise au vitriol du “Johnny Was” de Bob Marley qui fait de Stiff Little Fingers (à l’instar du Clash et des Ruts) les pionniers de la fusion Punky Reggae. - Stef.
X-RAY SPEX "Germ free Adolescents" (1978)
X-Ray Spex, comme pas mal de formations punk de l'après 77, monte le groupe après avoir vu les Pistols lors d’un concert chaotique. Le band joue un punk rock sec, tendu, énergique, popisant par moments, avec néanmoins une grosse particularité qui le différencie de ses confrères : la chanteuse Poly Styrene, une métisse qui n’en a rien à carrer de la séduction (un coté riot grrrls avant l'heure), et sa voix haut perchée, très stridente. Sans oublier une saxophoniste très présente tout au long des morceaux et faisant même parfois office de lead. Derrière, bassiste, guitariste et batteur (fans des descentes de toms) assurent une rythmique syncopée. Cinq singles — dont le classique "Oh Bondage, Up Yours" (1977), le temps de virer Lora Logic (la sax) pour la remplacer avant ce très bon premier album de 1978 (le groupe splittera en 1979). Plus tard, Poly Styrene et Lora Logic entreront dans les ordres de Hare Krishna (sic !), un comble pour des punk rockers ! - Rouf Lakett
Retrouvez certains albums de cette sélection punk rock,
ainsi que les t-shirts des groupes, sur le site
www.goeland.fr








